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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2515768

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2515768

mardi 10 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2515768
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET AMN AVOCAT SELASU (SELUS)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour "vie privée et familiale". Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante étant titulaire d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 5 septembre 2025. Il a également relevé que la mesure sollicitée faisait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, un refus de titre de séjour ayant été implicitement opposé. La requête a donc été rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2025, Mme C A, représentée par Me Nougoua, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir afin de pouvoir déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision " et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin de pouvoir déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Or, il ressort des pièces jointes à la requête qu'elle est titulaire d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent accompagnant qui l'autorise à travailler valable jusqu'au 5 septembre 2025. Dans ces conditions, elle ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence. Au surplus, il ressort également des pièces du dossier qu'elle a été reçue à la préfecture le 10 décembre 2024 pour l'examen de sa demande de changement de statut et la délivrance le 6 mai 2025 d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent accompagnant révèle un refus de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". La mesure sollicitée fait ainsi obstacle à l'exécution d'une décision. Par suite, la requête ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Fait à Paris, le 10 juin 2025.

La juge des référés,

Signé

M.-C. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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