jeudi 19 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2516419 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 16 juin 2025, Mme C A, agissant en son nom et au nom de sa fille mineure B A, représentée par Me Samy Djemaoun, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, de les prendre effectivement en charge dans un hébergement pérenne adapté à leur situation avec un accompagnement social sur le fondement des articles L.345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles dès la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la condition relative à l'urgence est remplie ; elle est avec sa fille, B, née le 17 septembre 2023 et bénéficiaire du statut de réfugié, en situation de rue ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de l'enfant, au droit à l'hébergement d'urgence, au principe de dignité de la personne humaine et au droit à ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants ;
- l'orientation de la famille en dehors de la région Ile-de-France décidée en cours d'instance, qui est fondée sur la circulaire du ministre de l'intérieur et des outre-mer, est illégale, cette circulaire ne lui étant pas opposable et prévoyant illégalement la prise en charge en dehors de cette région des personnes qui y sont prises en charge dans le cadre d'opérations de mise à l'abri ; la prise en charge est limitée à trois semaines pour une famille qui n'a pas obtenu le bénéfice de l'asile en France ; elle expose le demandeur à une mesure d'éloignement du territoire français ; l'hébergement proposé ne présente pas un caractère pérenne.
La requête a été communiquée au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, qui a produit des pièces, enregistrées le 16 juin 2025.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aubert pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 16 juin 2025, tenue en présence de Mme Grivalliers, greffière d'audience, Mme Aubert a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Djemaoun, pour Mme A qui précise que l'intérêt supérieur de la fille de celle-ci exige un hébergement en Ile-de-France.
- les observations de Me Gorse pour la région Ile-de-France qui conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction, un nouvel hébergement ayant été proposé en cours d'instance et précise que l'Etat s'engage, à l'issue de la période de trois semaines durant laquelle Mme A sera hébergée en Normandie, à l'orienter de manière pérenne.
Par un mémoire, enregistré le 18 juin 2025, Mme A fait valoir que, contrairement à l'engagement pris par le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, elle n'a pas bénéficié d'un nouvel hébergement.
Par un mémoire enregistré le 19 juin 2025 présentée pour Mme A, Me Djemaoun précise qu'il a conseillé à sa cliente ne pas prendre un bus pour être acheminée en Normandie avant la notification de l'ordonnance à intervenir.
Par un mémoire enregistré le 19 juin 2025, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, précise que Mme A a été prise en charge à Paris et qu'il prend acte de la position de son conseil.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 juin 2025 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
1. Il résulte de l'instruction que le préfet de la région Ile-de-France a invité Mme A, titulaire d'une carte de résident valable du 5 novembre 2024 au 5 novembre 2034, et sa fille, B A, née le 17 septembre 2023, à se rendre au centre d'hébergement d'urgence " GL Center " à Paris, pour y être prise en charge à compter du 16 juin 2025, avant d'être hébergées au sein du SAS Normandie à compter du 19 juin et pendant trois semaines. Toutefois, dès lors que l'injonction demandée tend, ainsi qu'elle l'a rappelée à l'audience, à ce qu'un hébergement pérenne leur soit proposé en Ile-de-France, l'orientation proposée par l'Etat ne prive pas la requête de son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
3. Pour justifier de l'urgence, la requérante fait valoir qu'elle se trouve avec sa fille en situation de rue. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il est dit au point 3, qu'elles se sont vu proposer un hébergement à compter du 16 juin 2025 à Paris puis en Normandie et Mme A n'apporte aucun élément de nature à établir que sa situation personnelle ou celle de sa fille justifie son maintien dans la région Ile-de-France. Il n'en résulte pas que Mme A a, sur la base d'un conseil qui lui a été donné, refusé d'être acheminée en Normandie, ce qui conduirait à la regarder comme se plaçant elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque. Compte tenu de ces éléments, la condition d'urgence particulière prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, exigeant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures, ne peut être regardée, à la date de la présente ordonnance, comme remplie et les autorités de l'Etat ne peuvent être regardées comme ayant fait preuve d'une carence caractérisée dans l'accomplissement de la mise en œuvre qui leur incombe du droit à l'hébergement d'urgence.
4. Il en résulte que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, la situation d'urgence qui existait à la date d'enregistrement de la requête ayant disparu en cours d'instance du fait de l'engagement d'une action en référé, de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à Mme A.
O R D O N N E :
Article 1 : La région Ile-de-France versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 19 juin 2025.
La juge des référés,
Signé
S. AUBERT
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026