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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2517090

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2517090

vendredi 13 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2517090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantTALL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de délivrer un titre de séjour à un ressortissant ivoirien. La juridiction a constaté que la délivrance ultérieure d'une carte de séjour temporaire par le préfet de police avait rendu la demande d'annulation sans objet, déclarant donc qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur ce point. Toutefois, elle a condamné l'État à verser 800 euros au requérant au titre des frais exposés pour l'instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juin 2025, M. B... A..., représenté par Me Tall, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite née le 30 janvier 2025 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de le munir, dans l’attente, d’un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée n’est pas motivée.


Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la requête et au rejet des conclusions présentées sur le fondement des articles L. 911-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu’il a délivré à M. A... une carte de séjour temporaire valable du 13 août 2025 au 12 août 2026, remise le 26 août 2025.


Par une ordonnance du 3 décembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 6 janvier 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Le rapport de Mme Berland a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant ivoirien né le 21 mars 2002, a présenté le 30 septembre 2024 une demande de titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait valoir que sa demande a fait l’objet d’une décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de police pendant quatre mois. M. A... demande au tribunal l’annulation de cette décision implicite.


Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction :

Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a délivré à M. A... une carte de séjour temporaire valable du 13 août 2025 au 12 août 2026.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête sont devenues sans objet en cours d’instance. Il n’y a donc plus lieu d’y statuer.


Sur les frais liés à l’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.




D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de M. A....

Article 2 : L’Etat versera à M. A... une somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.


Délibéré après l'audience du 23 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2026.


La rapporteure,

F. Berland
La présidente,

S. Marzoug


La greffière,




K. Bak-Piot


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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