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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2518131

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2518131

lundi 7 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2518131
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantKORNMAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant sénégalais, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 27 juin 2025 le maintenant en rétention administrative. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, et a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de l'irrégularité du séjour de l'intéressé et de son signalement pour de multiples infractions graves. La décision s'appuie notamment sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrée le 28 juin 2025, M. C A, retenu au centre de rétention administrative de Paris-Vincennes, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 27 juin 2025 par lequel le préfet de police l'a maintenu en rétention administrative.

M. A soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet de police a produit des pièces, enregistrées le 2 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chounet en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chounet,

- les observations de Me Kornman, avocate commise d'office représentant M. A,

- et les observations de Me Faugeras, avocat représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que ses moyens ne sont pas fondés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 15 mai 1994, demande l'annulation de l'arrêté en date du 27 juin 2025 par lequel le préfet de police l'a maintenu en rétention administrative.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2025-00138 du 31 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de police a donné délégation à Mme D B, attachée d'administration de l'Etat, pour signer tous actes, arrêtés et décisions, nécessaires à l'exercice des missions de la direction de la police générale, dans lesquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque donc en fait.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant. Ce moyen doit donc être écarté.

5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2019 selon ses déclarations, y séjourne de manière irrégulière depuis lors, n'a entrepris aucune démarche en vue de formuler une demande d'asile et n'a présenté une telle demande qu'après son placement en rétention en vue de son éloignement. D'autre part, il est constant que M. A a été signalé par les services de police à 29 reprises, notamment pour viol, violence sur un magistrat, outrage et violence sur personne dépositaire de l'autorité public, usage de stupéfiant et menace de mort, atteinte à l'encontre de l'entourage d'une personne dépositaire de l'autorité publique, violence sur un agent pénitentiaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.

Décision rendue le 7 juillet 2025.

La magistrate désignée,

Signé

M-N Chounet La greffière,

Signé

A. DEPOUSIER

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /8

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