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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2521559

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2521559

vendredi 1 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2521559
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDUCASSOUX

Résumé IA

Saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le Tribunal administratif de Paris rejette la demande de M. A, ressortissant sénégalais, qui contestait la décision implicite de rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, faute pour le requérant de justifier de circonstances particulières, dès lors qu'il s'agit d'une première demande de titre de séjour et qu'il ne peut prétendre à la délivrance d'un récépissé autorisant à travailler. La requête est rejetée par ordonnance, sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Ducassoux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet de police sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée le 11 octobre 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer sans délai à la préfecture afin de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec ou sans autorisation de travail sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande sans délai et de lui remettre une autorisation de travail sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que son employeur accepte de le réembaucher sous réserve qu'il soit muni d'un document justifiant de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui n'est pas motivée, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 juillet 2025 sous le numéro 2519382 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Stoltz-Valette pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 4 mai 1991, est entré en France en 2018 selon ses déclarations. Le 11 octobre 2023, il a déposé en préfecture une demande d'admission exceptionnelle au séjour. M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet de police sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Pour justifier d'une situation d'urgence impliquant la suspension de la décision implicite née le 11 février 2024, M. A fait état de ce que son employeur, qui l'emploie depuis le mois de septembre 2024, a mis un terme à son contrat de travail le 20 juin 2025 et accepte de le recruter à nouveau sous réserve qu'il soit muni d'un document justifiant de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A a sollicité une première admission exceptionnelle au séjour et il ne justifie pas que son employeur a obtenu une autorisation de travail à son bénéfice. Ainsi, il n'entre dans aucun des cas prévus à l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de se voir délivrer un récépissé de demande de première délivrance de titre de séjour autorisant à travailler. Dès lors, M. A ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant l'urgence de sa situation et la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et sans nécessité d'examiner s'il existe un ou plusieurs moyens susceptibles de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, de rejeter la présente demande en référé pour défaut d'urgence, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Paris le 1er août 2025.

La juge des référés,

signé

A. Stoltz-Valette

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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