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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2523006

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2523006

samedi 9 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2523006
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET NAUSICA AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté du 27 mai 2025 par lequel l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne a accordé un sixième temps supplémentaire, et non un tiers temps, à une étudiante souffrant de troubles neurodéveloppementaux pour les épreuves d'accès au CRFPA. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, la requérante n'établissant pas que le délai restant avant les épreuves (du 1er au 4 septembre 2025) rendrait la décision au fond trop tardive pour préserver ses chances. Par ailleurs, aucun des moyens soulevés, tirés de l'insuffisance de motivation et de l'erreur manifeste d'appréciation, n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, l'administration ayant suffisamment motivé son choix et pris en compte les certificats médicaux produits. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 août 2025, Mme A B, représentée par Me le Foyer de Costil, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°2025-1907 portant aménagement des conditions d'examens et d'études au motif de handicap du 27 mai 2025 ainsi que la décision de rejet du recours gracieux contre cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne d'accorder du tiers temps à Mme A B pour la session 2025 des épreuves d'accès au CRFPA ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne de réexaminer la situation de Mme A B ;

3°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 3. 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les épreuves ont lieu du 1er au 4 septembre 2025 ; qu'elle souffre de troubles qui affectent significativement ses capacités de concentration, ce qui réduit significativement ses chances de réussir son examen ; qu'aucun intérêt public ne s'oppose à la suspension de la décision attaquée ; qu'une décision au fond interviendrait trop tardivement ;

-Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision :

- l'arrêté est insuffisamment motivé en fait ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'administration a apprécié de manière erronée les troubles affectant son état de santé.

Vu :

- la requête, enregistrée le 29 juillet 2025 sous le n°2521783 par laquelle la requérante l'annulation de la décision attaquée ;

- les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, qui souffre de troubles neurodéveloppementaux, a sollicité des aménagements spécifiques pour les épreuves de l'examen d'accès au Centre régional de formation professionnelle des avocats organisé par l'université Paris I Panthéon Sorbonne qu'elle doit passer en septembre 2025. Par une décision du 27 mai 2025, l'université lui a accordé un sixième temps supplémentaire. Par la présente requête, Mme B demande la suspension de l'exécution de cette décision en tant qu'elle ne lui accorde pas un tiers temps supplémentaire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 111-1 du code de l'éducation : " L'éducation est la première priorité nationale. Le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l'égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative. Il reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d'apprendre et de progresser. Il veille à l'inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction. () ". En outre, aux termes de l'article L. 112-1 du même code : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés ". (). ". Aux termes de l'article L.112-4 du même code : " Pour garantir l'égalité des chances entre les candidats, des aménagements aux conditions de passation des épreuves orales, écrites, pratiques ou de contrôle continu des examens ou concours de l'enseignement scolaire et de l'enseignement supérieur, rendus nécessaires en raison d'un handicap ou d'un trouble de la santé invalidant, sont prévus par décret. Ces aménagements peuvent inclure notamment l'octroi d'un temps supplémentaire et sa prise en compte dans le déroulement des épreuves, la présence d'un assistant, un dispositif de communication adapté, la mise à disposition d'un équipement adapté ou l'utilisation, par le candidat, de son équipement personnel ". Selon l'article D. 613-26 du même code : " Les candidats aux examens ou concours de l'enseignement supérieur organisés par le ministre chargé de l'enseignement supérieur ou par le ministre chargé de la culture qui présentent un handicap peuvent bénéficier d'aménagements portant sur : / 1° Les conditions de déroulement des épreuves, de nature à leur permettre de bénéficier des conditions matérielles ainsi que des aides techniques et humaines appropriées à leur situation ;/ 2° Une majoration du temps imparti pour une ou plusieurs épreuves, qui ne peut excéder le tiers du temps normalement prévu pour chacune d'elles. Toutefois, cette majoration peut être allongée, eu égard à la situation exceptionnelle du candidat, sur demande motivée du médecin et portée dans l'avis mentionné à l'article D. 613-27 ; /() / 5° Des adaptations ou des dispenses d'épreuves, rendues nécessaires par certaines situations de handicap, dans les conditions prévues par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur, du ministre chargé de la culture ou du président ou directeur de l'établissement. ".

4. En l'état de l'instruction, les moyens tirés du défaut de motivation, alors que la décision attaquée accorde un sixième temps supplémentaire à la requérante, et de l'erreur manifeste d'appréciation, alors que les documents médicaux joints au dossier ne permettent pas d'établir que le trouble de la santé de Mme B justifierait un tiers temps supplémentaire, n'apparaissent pas, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Paris, le 9 août 2025.

La juge des référés,

K. WEIDENFELD

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1

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