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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2523242

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2523242

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2523242
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE SAYEC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et lui enjoignant de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte était manifestement infondé, et que les autres moyens, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH, n'étaient pas suffisamment étayés pour en apprécier le bien-fondé. La décision a été prise en application de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative, permettant le rejet des requêtes présentant des moyens manifestement infondés ou insuffisamment précisés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 août 2025, Mme C... B... A..., représentée par Me Le Sayec, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 4 juillet 2025 par lequel la préfète du Lot a rejeté sa demande d’admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office ;

3°) d’enjoindre à la préfète du Lot, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d’une semaine à compter de la notification de la présente décision ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Il soutient que :
- la décision lui refusant un titre de séjour est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2025, la préfète du Lot conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B... A... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., ressortissante camerounaise née le 5 avril 1989, est entré en France le 29 mai 2023 selon ses déclarations. Par un arrêté du 4 juillet 2025, la préfète du Lot a rejeté sa demande d’admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office Mme B... A... demande l’annulation de cet arrêté.

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (… ) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ».

En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. Guillaume Raymond, secrétaire général de la préfecture du Lot ayant reçu délégation de signature par un arrêté du préfet de police n° 2025-20 du 26 mai 2025 régulièrement publié, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte doit être écarté comme manifestement infondé.

En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation, dirigés contre les décisions refusant à Mme B... A... un titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, qui ne font l’objet que de très brefs développements peu circonstanciés et à l’appui desquels aucune pièce n’est produite, ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier leur bien-fondé.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... A... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des vérifications faites par le tribunal sur le registre du bureau d’aide juridictionnelle que Mme C... B... A... a déposé une demande d’aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu de rejeter sa demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... A..., à la préfète du Lot et à Me Le Sayec.

Fait à Paris, le 23 mars 2026.

La présidente de la 6ème section,



K. Weidenfeld

La République mande et ordonne à la préfète du Lot en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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