Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté préfectoral du 12 juin 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. Le tribunal a considéré que les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation et la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, étaient soit manifestement infondés, soit insuffisamment précis. La décision a été rendue sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de rejeter par ordonnance les requêtes ne comportant que des moyens manifestement infondés ou inopérants.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 18 juillet 2025, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B... A... enregistrée le 7 juillet 2025.
Par cette requête, M. A..., représenté par Me Lechable, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 12 juin 2025 par lequel la préfète de l’Essonne l’a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé l’autorisant à travailler ;
3°) d’enjoindre, à défaut, à la préfète de l’Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié », dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé l’autorisant à travailler ;
4°) d’enjoindre, à défaut, à la préfète de l’Essonne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé l’autorisant à travailler ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
-
elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est signée par une autorité incompétente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code des relations entre le public et l’administration ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant bangladais, né le 10 août 1990, a présenté une demande de protection internationale le 3 mars 2020, laquelle a été rejetée par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 4 septembre 2020, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 15 avril 2021. Il a été contrôlé dans le cadre d’une opération de lutte contre le travail dissimulé en position de travail sans y être autorisé et a été interpellé, le 12 juin 2025, par les services de police aux frontières de l’Essonne puis placé en retenue administrative. Par un arrêté du même jour, la préfète de l’Essonne l’a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. M. A... demande l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés (…), des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2025-PREF-DCPPAT-BCA-030, régulièrement publié le 3 mars 2025 au recueil des actes administratifs, la préfète de l’Essonne a donné délégation à Mme C... D..., cheffe du bureau de l’asile, pour signer, notamment, l’arrêté litigieux, en cas d’absence ou d’empêchement d’autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu’elles n’ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l’acte attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté litigieux doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l’arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision est ainsi manifestement infondé.
5. En troisième lieu, il ressort de la motivation même de l’arrêté que la préfète de l’Essonne s’est livrée à un examen particulier de la situation de M. A... avant de prononcer la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré d’un défaut d’examen particulier de sa situation ne peut qu’être écarté.
6. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu, sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A... dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la préfète de l’Essonne.
Fait à Paris, le 23 octobre 2025.
Le président de la 2ème section,
J.-F. SIMONNOT
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.