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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2524205

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2524205

mercredi 31 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2524205
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantNOUVIAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. A..., ressortissant ivoirien, qui contestait un arrêté du préfet de l'Oise l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. Le tribunal écarte le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, jugeant que les éléments personnels invoqués sont sans incidence sur le motif légal de la décision. Il écarte également le moyen fondé sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, estimant que l'intéressé n'établit pas une vie privée et familiale suffisamment intense en France. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et celles relatives aux frais de justice sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 21 août 2025, enregistrée le 21 août 2025 au greffe du tribunal de céans, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif d’Amiens a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A....

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d’Amiens le
12 avril 2025, M. A..., représenté par Me Nouvian, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 2 avril 2025 par lequel le préfet de l’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ;

3°) d’enjoindre au préfet de l’Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à défaut, d’enjoindre à cette même autorité de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2025, le préfet de l’Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Truilhé.



Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant ivoirien, né le 13 avril 1986, est entré en France le
10 février 2023 selon ses déclarations. Par un arrêté du 2 avril 2025, dont le requérant demande l’annulation, le préfet de l’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.

Sur les conclusions aux fins d’admission au bénéfice, à titre provisoire, de l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A... ait sollicité le bénéfice de l’aide juridictionnelle auprès du bureau d’aide juridictionnelle. Dans ces conditions, ses conclusions tendant au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les autres conclusions :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / (…) ».

Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour obliger M. A... à quitter le territoire français, le préfet de l’Oise a retenu la circonstance que l’intéressé ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français et qu’il s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité. Pour soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait l’article
L. 611-1 précité, M. A... se borne à se prévaloir de sa date d’arrivée en France et des liens privés et familiaux qu’il y a tissés depuis. Toutefois, ces éléments sont sans incidence sur le motif retenu par le préfet de l’Oise pour obliger l’intéressé à quitter le territoire français. Par suite, le moyen ne peut qu’être écarté.

En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A..., qui est arrivé en France en février 2023 selon ses déclarations, est marié avec Mme A... avec laquelle il a eu un enfant, qui résident en Côte d’Ivoire, et que ses parents résident également en Côte d’Ivoire. Si l’intéressé fait valoir que plusieurs membres de sa famille résident en France, il se borne à verser une attestation non circonstanciée d’une personne supposée être son cousin. En outre, au soutien de son allégation sur son insertion professionnelle, il se borne à verser une promesse d’embauche datée du 11 avril 2025, postérieure à la date de la décision attaquée, et ne verse aucune pièce pour la période antérieure. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation de l’arrêté du 2 avril 2025 du préfet de l’Oise doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.






D E C I D E :






Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.




Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Nouvian et au préfet de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 17 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Monteagle, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2025.



Le président-rapporteur
La première conseillère,


Signé
Signé

J-C. TRUILHÉ

M. MONTEAGLE


La greffière,

Signé

S. RUBIRALTA


La République mande et ordonne au préfet de l’Oise ou à tout préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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