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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2524413

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2524413

mardi 9 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2524413
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A et l'a obligé à quitter le territoire français. Le juge a considéré que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que le requérant, qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire, n'a pas justifié de circonstances particulières établissant une atteinte grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens soulevés, notamment ceux tirés de la méconnaissance des articles L. 425-9 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 août 2025, M. B A représenté par Me Bernard, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisation à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa requête ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou directement à son profit en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- sa requête est bien recevable car la notification de la décision attaquée a été irrégulière et n'a pu de ce fait faire courir le délai de recours contentieux ;

- il justifie d'une présomption d'urgence dès lors que la décision attaquée constitue un refus de renouvellement de sa demande de titre de séjour ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car il a été pris par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car il est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car il a été pris à la suite d'une procédure irrégulière car l'avis de l'OFII ne lui a pas été communiqué ce qui ne lui permet pas d'en vérifier la régularité de la composition ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car il est entaché d'un défaut d'examen ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a méconnu les dispositions des articles R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en l'absence d'une délibération collégiale des médecins de l'OFII ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un doute sérieux quant à sa légalité car il a été pris en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de police a produit des pièces complémentaires le 5 septembre 2025.

Vu

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation n° 2524410 enregistrée le 24 août 2025.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique tenue le 5 septembre 2025, en présence de Mme Henry, greffière d'audience :

- le rapport de M. Béal,

- les observations de Me Bernard, avocat de M. A et de Me Zerad, avocat du préfet de police, qui conclut au rejet de la requête et soulève une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête au fond.

La clôture de l'instruction a été prononcée le lundi 8 septembre à 15h.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 28 avril 2025, le préfet de police a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A et l'a obligé à quitter le territoire français. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision, d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir et dans l'attente lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler et de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police :

4. Le préfet soutient en produisant une copie de l'accusé de réception postale du pli recommandé contenant une copie de l'arrêté attaqué que le délai ayant commencé à courir le 13 mai 2025, la requête au fond serait tardive. Toutefois, et en dépit d'une mise en demeure suivie d'une prorogation du délai d'instruction 3 jours après la date de l'audience publique soit jusqu'au lundi 8 septembre à 15 h, le conseil du préfet de police n'a pu produire une copie complète de l'arrêté attaqué comportant l'indication complète tant du dispositif que des voies et délais de recours. Par suite, le préfet n'est pas fondé à soutenir que la requête au fond serait tardive et la fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur l'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

6. Il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié d'un titre de séjour valable du 28 février 2023 au 27 février 2024 dont il a demandé le renouvellement. Par suite, et alors que le conseil du préfet de police n'a pas contesté lors de l'audience publique la présomption d'urgence qui s'attache à la situation du requérant, la condition tenant à l'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.

Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

7. En l'état de l'instruction et eu égard aux circonstances de l'espèce rappelées au point 4, le conseil du préfet de police ayant été dans l'incapacité de produire une copie complète de son arrêté du 28 avril 2025 comportant notamment l'intégralité de la motivation retenue pour rejeter la demande de renouvellement alors qu'à plusieurs reprises tant le conseil du requérant que le tribunal le lui ont demandé, le juge des référés ne peut examiner le caractère suffisant de cette motivation. Par suite, le moyen tiré de cette insuffisance est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler à M. A son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 2524410.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et l'astreinte :

9. La présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A. Par conséquent, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et de la munir durant ce réexamen d'un récépissé avec autorisation de travail à titre provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 224410, dans un délai de 5 jours à compter de la notification de ladite ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bernard de la somme de 1 500 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet de police du 28 avril 2025 est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer durant ce réexamen et dans un délai de 5 jours à compter de la notification de ladite ordonnance un récépissé avec autorisation de travail, jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 9 septembre 2025.

Le juge des référés,

A. Béal

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2524413

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