LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2527026

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2527026

vendredi 26 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2527026
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantSCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant béninois, contestant l'arrêté du ministre de l'intérieur du 17 septembre 2025 lui refusant l'entrée sur le territoire au titre de l'asile et ordonnant son réacheminement. Le juge a écarté le moyen tiré d'une atteinte à la confidentialité des éléments de la demande d'asile, estimant que seuls des agents habilités et astreints au secret professionnel y avaient accès. Il a également rejeté les autres moyens, considérant que la décision était fondée sur le caractère manifestement infondé de la demande d'asile, conformément à l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2025, M. A... demande à la magistrate désignée :

1°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle et de lui désigner un avocat ;

2°) de prévoir l’assistance à l’audience d’un interprète en langue française ;

3°) d’annuler l’arrêté en date du 17 septembre 2025 du ministre de l’intérieur lui refusant l’admission sur le territoire au titre de l’asile, au motif que la demande serait manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d’atteintes graves en cas de retour dans le pays et décidant de son réacheminement vers tout pays où il sera légalement admissible ;

4°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de mettre fin à toute mesure privative de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en application de l’article L.352-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

5°) de mettre à la charge de l’Etat un montant de 1 500 euros en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :
il y a atteinte à la confidentialité des éléments d’une demande d’asile ;
la décision est entachée d’erreur de droit ou d’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 351-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile car elle va au-delà de l’examen du caractère manifestement infondé de la demande d’asile et il convient de tenir compte des conditions matérielles dans lesquelles se déroule l’entretien pour apprécier la crédibilité des propos tenus par la personne ;
elle ne tient pas compte de la vulnérabilité de l’intéressé, en méconnaissance des articles L.351-3 et L.352-2 du code ;
elle fixe le pays de renvoi au pays d’origine ou de provenance, méconnaissant les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 33 de la convention de Genève de 1951.


Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2025, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, représenté par Me Moreau conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
-
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention relative au statut des réfugiés dite Convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Vu la décision du président du Tribunal désignant Mme C..., en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;


Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;


Après avoir au cours de l'audience publique du 26 septembre 2025, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Gruosso, avocate de permanence, représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens que dans sa requête et soutient en outre que le ministre de l’intérieur se substitue à l’OFPRA alors qu’il n’est pas présent lors de l’entretien, ainsi que les observations de M. A..., s’exprimant en français ;
- les observations de Me Ben Hamouda, du cabinet Saidji et Moreau, représentant le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens que dans son mémoire ;



Considérant ce qui suit :


1. Par arrêté du 17 septembre 2025, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur a refusé à M. B... A..., né le 25 août 2001, ressortissant du Bénin, qui est arrivé à l’aéroport de Roissy et y a demandé l’asile le 16 septembre 2025, le droit d’entrer sur le territoire français au titre de l’asile et décidé qu’il serait réacheminé vers tout pays où il sera légalement admissible. Par la présente requête, M. A... demande à la magistrate désignée d’en prononcer l’annulation.





Sur les conclusions aux fins d’annulation :


2. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d’information détenus par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d’asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités mettant en œuvre le droit d’asile aient accès à ces informations. Par suite, M. A... n’est pas fondé à soutenir que la procédure suivie a porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d’information ressortant de la demande d’asile, dès lors que ces éléments n’ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile à traiter leurs demandes, à savoir les agents de police, de l’OFPRA et du ministère de l’intérieur, tous astreints au secret professionnel. Par suite, ce moyen doit être écarté.


3. En deuxième lieu, aux termes de l’article L.352-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : 1° L'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par ce règlement avec d'autres Etats ; 2° La demande d'asile est irrecevable en application de l'article L. 531-32 ; 3° La demande d'asile est manifestement infondée. Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves ». Aux termes de l’article L.352-2 du même code : « Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article. Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration ».


4. Il ressort des pièces du dossier et plus précisément des déclarations faites par M. A... lors de son entretien du 17 septembre 2025 avec un agent de l’OFPRA, dont le procès-verbal est joint par le ministre d’Etat ministre de l’intérieur à son mémoire en défense, confirmées à l’audience, que l’intéressé a quitté le Bénin en raison de difficultés économiques liées, d’une part, au décès de ses parents en 2024 et d’autre part, à son refus du mariage que l’oncle qui l’avait recueilli tentait de lui imposer, à la suite duquel il a été abandonné par celui-ci. Le requérant ne fait en revanche pas état de risques de persécutions qu’il courrait en cas de retour dans son pays en raison de son refus. Il en résulte qu’en estimant la demande d’asile de l’intéressé manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves, le ministre de l’intérieur, qui ne s’est en rien substitué à l’OFPRA, mais a au contraire édicté sa décision sur la base des éléments recueillis par ce dernier et de son avis défavorable à l’entrée sur le territoire de l’intéressé, n’a pas entaché sa décision d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation au regard des dispositions précitées. La prise en compte des conditions matérielles de déroulement de l’entretien n’est pas de nature à remettre en cause ce constat.


5. En troisième lieu, aux termes de l’article L.351-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans le cadre de l'examen tendant à déterminer si la demande d'asile n'est pas irrecevable ou manifestement infondée, considère que le demandeur d'asile, notamment en raison de sa minorité ou du fait qu'il a été victime de torture, de viol ou d'une autre forme grave de violence psychologique, physique ou sexuelle, nécessite des garanties procédurales particulières qui ne sont pas compatibles avec sa présence en zone d'attente, il y est mis fin. L'étranger est alors muni d'un visa de régularisation de huit jours. Dans ce délai, l'autorité administrative compétente lui délivre, à sa demande, une attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire cette demande auprès de l'office ».


6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige aurait été prise sans qu’il ne soit tenu compte de la vulnérabilité de l’intéressé, dont le requérant ne précise pas en quoi elle consisterait.


7. En quatrième et dernier lieu, compte tenu du caractère manifestement dépourvu de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes grave, exposé au point 4 du présent jugement, la décision de réacheminement de l’intéressé vers tout pays où il sera légalement admissible ne saurait être regardée comme méconnaissant les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni l’article 33 de la convention de Genève de 1951.


8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.

Décision rendue le 26 septembre 2025.


La magistrate désignée

La greffière


Signé
Signé

C. C...

A. LANCIEN


La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur ou à toute autre autorité compétente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions