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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2527680

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2527680

mercredi 8 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2527680
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CABANES AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution d'un marché public relatif à la protection sociale complémentaire des agents du ministère de l'économie, conclu avec la société Alan. La solution retenue est le rejet pour irrecevabilité manifeste de la requête au fond, les syndicats requérants ne justifiant pas d'un intérêt à agir suffisant pour contester ce marché. En conséquence, aucun moyen n'étant susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte, la requête en suspension a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 et 24 septembre 2025, l’union fédérale des syndicats de l’Etat CGT, la fédération des finances CGT et l’union syndicale Solidaires fonction publique, d’une part, la coordination fonction publique de l’union syndicale solidaires et la fédération solidaires finances, d’autre part, représentées par Me Crusoé, demandent à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution du marché conclu le 23 juin 2025 et du marché rectificatif du 18 juillet 2025, conclus entre le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et la société Alan relatif à la mise en place du dispositif de la protection sociale complémentaire ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- elles ont un intérêt à agir contre le marché attaqué ;
- l’urgence est constituée dès lors que le marché porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts qu’elles défendent ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité du marché attaqué.

Vu
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 août 2025 sous le n° 2525652 par laquelle la fédération solidaires finances demande l’annulation du marché attaqué.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :


1. L’union fédérale des syndicats de l’Etat CGT, la fédération des finances CGT et l’union syndicale Solidaires fonction publique, d’une part, la coordination fonction publique de l’union syndicale solidaires et la fédération solidaires finances, d’autre part, demandent à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution du marché conclu le 23 juin 2025 et du marché rectificatif du 18 juillet 2025, conclus entre le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et la société Alan relatif à la mise en place du dispositif de la protection sociale complémentaire.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». L'article L. 522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

3. Si la requête tendant à l’annulation du ou des actes administratifs dont la suspension est demandée est irrecevable, aucun des moyens présentés au soutien d’une requête formée sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité du ou des actes administratifs contestés. Lorsqu’elle ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés, l’irrecevabilité de la requête à fin d’annulation doit être relevée, le cas échéant d’office, par le juge des référés, pour constater que la requête à fin de suspension ne peut qu’être rejetée.

4. Il résulte de l’instruction et notamment de leurs différents statuts, que les organisations requérantes n’ont pas pour objet de défendre spécifiquement les intérêts des agents du ministère chargé de l’économie. Il résulte par ailleurs des articles 1 et 4 de ses statuts que la fédération solidaire finances a pour objet de représenter les intérêts des syndicats qui la composent et ne représente les intérêts des agents du ministère chargé de l’économie que de manière indirecte. En outre, si les requérantes font partie de la commission paritaire de pilotage et de suivi de l’accord ministériel, elles ne sauraient, compte tenu de leurs statuts, prétendre représenter les intérêts de ces instances. Il suit de là que, faute de justifier d’un intérêt à agir suffisant contre le marché attaqué, le recours au fond des organisations requérantes est irrecevable, ainsi d’ailleurs qu’en a jugé le vice-président de la 3ème section du tribunal administratif par une ordonnance du 3 octobre 2025. Par voie de conséquence, la requête apparaît comme manifestement mal fondée.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence posée à l’article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


O R D O N N E :



Article 1er : La requête de l’union fédérale des syndicats de l’Etat CGT, de la fédération des finances CGT, de l’union syndicale Solidaires fonction publique, de la coordination fonction publique de l’union syndicale solidaires et de la fédération solidaires finances est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’union fédérale des syndicats de l’Etat CGT, la fédération des finances CGT, l’union syndicale Solidaires fonction publique, la coordination fonction publique de l’union syndicale solidaires, la fédération solidaires finances et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.


Fait à Paris, le 8 octobre 2025.



La juge des référés,



signé
M. Merino




La République mande et ordonne au ministre chargé de l’économie en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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