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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2528153

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2528153

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2528153
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDESPRAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme C... d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet de police de lui délivrer un titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a délivré à la requérante une carte de séjour pluriannuelle, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il condamne néanmoins l’État à verser 1 000 euros à Mme C... au titre de l’article L. 761-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025, Mme B... C..., représentée par Me Desprat, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, dans les mêmes conditions d’astreinte et, en tout état de cause, de la munir dans l’attente d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que postérieurement à l’introduction de la requête, a été remis à Mme C... une attestation de prolongation d’instruction valable du 17 octobre 2025 au 16 janvier 2026 dans l’attente de la fabrication de sa carte de séjour pluriannuelle portant mention « membre de famille A... », valable du 18 octobre 2025 au 17 octobre 2030, confectionnée le 29 octobre 2025 et actuellement en cours de délivrance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

2. Il ressort des pièces du dossier, et il n’est pas contesté, que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a délivré à Mme C... une attestation de prolongation d’instruction valable du 17 octobre 2025 au 16 janvier 2026 dans l’attente de la fabrication de sa carte de séjour pluriannuelle portant mention « membre de famille A... », valable du 18 octobre 2025 au 17 octobre 2030, confectionnée le 29 octobre 2025 et actuellement en cours de délivrance. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation de la requête doivent être regardées comme désormais dépourvues d’objet. Il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d’injonction sous astreinte dont elles sont assorties.

3. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte de la requête de Mme C....

Article 2 : L’État versera à Mme C... la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... et au préfet de police.


Fait à Paris, le 15 décembre 2025.


Le vice-président de la 5ème section,




L. GROS


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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