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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2529306

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2529306

lundi 10 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2529306
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGARDES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative par M. A..., ressortissant sénégalais, afin d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler. En cours d’instance, le préfet a convoqué l’intéressé pour lui remettre le document sollicité, ce qui a conduit M. A... à se désister de ses conclusions principales. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a condamné l’État à verser 600 euros à M. A... au titre des frais d’instance, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Gardes, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’injonction et au rejet des conclusions présentées au titre des frais d’instance.

Il fait valoir que M. A... a été destinataire, via la plateforme « Démarches simplifiées », d’une convocation l’invitant à se présenter dans les services de la préfecture de police le 7 novembre 2025 afin que lui soit délivré un nouveau récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler.


Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2025, M. A... doit être regardé comme se désistant de ses conclusions fondées sur l’article L. 521-3 du code de justice administrative mais maintient ses conclusions au titre des frais d’instance.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rohmer pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant sénégalais né le 13 juin 1967, a bénéficié en dernier lieu d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » valable du 10 mai 2024 au 9 mai 2025. Le 10 juillet 2025, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, et a été mis en possession d’un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu’au 9 octobre 2025. Le 24 septembre 2025, il a sollicité le renouvellement de son récépissé de demande de carte de séjour sur la plateforme « Démarches simplifiées ». Le 29 septembre 2025, cette demande de renouvellement a été classée sans suite pour incomplétude de son dossier. Par la requête susvisée, M. A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.

Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a invité, par l’intermédiaire de la plateforme « Démarches simplifiées », M. A... à se présenter dans ses services le 7 novembre 2025 à 12 heures 45 aux fins de la délivrance d’un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler. Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2025, M. A... doit être regardé comme se désistant des conclusions aux fins d’injonction de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... d’une somme de 600 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d’injonction de la requête de M. A....

Article 2 : L’Etat versera à M. A... une somme de 600 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.


Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 10 novembre 2025.


Le juge des référés,


Signé

B. Rohmer
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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