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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2529845

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2529845

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2529845
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET LOUISE PARIS AVOCATE (EURL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... contestant un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français. La requête, enregistrée le 13 octobre 2025, était tardive car introduite plus d'un an après la notification de l'arrêté du 13 septembre 2024, intervenue par pli recommandé présenté le 17 septembre 2024 et non réclamé. Le juge a constaté que le délai de recours d'un mois prévu à l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré. L'ordonnance a été prise sur le fondement de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Paris, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du préfet de police l’obligeant à quitter le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;

2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l’attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision ».

Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté contesté du 13 septembre 2024 du préfet de police obligeant Mme B... à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination, lui a été adressé par lettre recommandée avec avis de réception, avec la mention des voies et délais de recours, à l’adresse de domiciliation qu’elle avait déclarée auprès des services de la préfecture et que ce pli, présenté à cette adresse le 17 septembre 2024, a été retourné à ces services avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Dans ces conditions, la demande de Mme B... tendant à l’annulation de cet arrêté, qui n’a été enregistrée que le 13 octobre 2025 auprès du tribunal administratif de Paris, soit après l’expiration du délai de recours d’un mois, est tardive et, par suite, entachée d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance. Elle doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au préfet de police.

Fait à Paris, le 29 janvier 2026.


Le président de la formation de jugement,

Signé

R. d’HAËM
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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