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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2530027

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2530027

mardi 28 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2530027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAIT MEHDI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A... d’une requête en référé suspension visant à contester le refus de renouvellement de son titre de séjour et le refus de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction. Le requérant s’est désisté de ses conclusions principales aux fins de suspension et d’injonction après que le préfet de police lui a délivré une attestation de prolongation valable jusqu’en janvier 2026. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a admis M. A... au bénéfice provisoire de l’aide juridictionnelle. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l’État a été condamné à verser 800 euros à son avocate, sous réserve de l’admission définitive à l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Ait Mehdi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’ordonner la suspension, à titre principal, de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, et à titre subsidiaire, de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande ;

3°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et de lui délivrer dans l’attente et sans délai une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ou une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande ;

4°) en cas d’admission à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l’aide juridictionnelle en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d’admission à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’État la même somme à son profit sur le fondement des seules dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

Sur l’urgence :

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il ne peut plus justifier de la régularité de son séjour, et que par conséquent la formation professionnelle qu’il suit risque d’être interrompue et qu’il ne pourra plus bénéficier de son droit à l’allocation adulte handicapé.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

- la procédure suivie par le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) est irrégulière ;
- la décision méconnaît l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d’une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande :

- elle méconnaît les dispositions des articles R. 431-15-1 et R. 431-15-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée dès lors que M. A... a été mis en possession d’une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande valable du 20 octobre 2025 au 19 janvier 2026.

Par un mémoire, enregistré le 22 octobre 2025, M. A... se désiste des conclusions aux fins de suspension et d’injonction de sa requête et maintient ses autres conclusions.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

M. C... a lu son rapport au cours de l’audience publique tenue le 23 octobre 2025 en présence de M. Drai, greffier d’audience.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (...) par la juridiction compétente ou son président (...) ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction de la requête :

Par un mémoire, enregistré le 22 octobre 2025, M. A... s’est désisté des conclusions aux fins de suspension et d’injonction de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.

Sur les frais d’instance :

Ainsi qu’il a été dit au point 1 de la présente ordonnance, M. A... est admis à l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Ait Mehdi, avocate de M. A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle et sous réserve de l’admission définitive du requérant à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Ait Mehdi de la somme de 800 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.



O R D O N N E :



Article 1er : M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d’injonction de la requête de M. A....

Article 3 : Sous réserve de l’admission définitive de M. A... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Ait Mehdi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier versera à Me Ait Mehdi, avocat de M. A..., une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A..., la somme de 800 euros lui sera versée.



Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Ait Mehdi.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 28 octobre 2025.


Le juge des référés,




V. C...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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