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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2530047

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2530047

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2530047
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHICOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d’une demande de suspension de la décision de licenciement d’une conseillère principale d’éducation stagiaire, prise par la ministre de l’éducation nationale. Le juge des référés a rejeté la requête pour incompétence territoriale, en application des articles L. 521-1 et R. 312-12 du code de justice administrative. Il a estimé que le litige relevait de la compétence du tribunal administratif de Melun, lieu de la dernière affectation de l’agent dans le Val-de-Marne. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 octobre 2025, Mme A... D... C... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 18 août 2025 par laquelle la ministre de l’éducation nationale a prononcé son licenciement ;

2°) d’enjoindre au ministre de procéder au réexamen de sa situation et de lui faire bénéficier d’une année supplémentaire de stage ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée la prive de revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui est entachée d’incompétence, insuffisamment motivée, méconnaît les dispositions des articles L. 327-1, L. 327-2, L. 553-1, L. 553-2, R. 327-12 du code de la fonction publique et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :

1. Il résulte des termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut rejeter une requête qui lui est soumise pour incompétence territoriale du tribunal administratif.

2. Aux termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : « Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. / Si cette décision prononce une nomination ou entraîne un changement d'affectation, la compétence est déterminée par le lieu de la nouvelle affectation. / Si cette décision prononce une révocation, une admission à la retraite ou toute autre mesure entraînant une cessation d'activité, ou si elle concerne un ancien fonctionnaire ou agent, ou un fonctionnaire ou un agent sans affectation à la date où a été prise la décision attaquée, la compétence est déterminée par le lieu de la dernière affectation de ce fonctionnaire ou agent (…) ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) / Melun : (…) Val-de-Marne ; (…) ».

3. Le litige soulevé par Mme Louison Loredan conseillère principale d’éducation stagiaire, affectée au sein du collège Antoine Watteau de Nogent-sur-Marne, dans le département du Val-de-Marne, à la date de la décision attaquée, concerne une décision administrative prononçant son licenciement à l’issue de son stage. Sa requête ne relève donc pas de la compétence du tribunal administratif de Paris mais de celle du tribunal administratif de Melun et doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions en application de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :




Article 1er : La requête de Mme Louison Loredan est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D... C....

Fait à Paris, le 21 octobre 2025.


Le juge des référés,




V. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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