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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2530453

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2530453

jeudi 23 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2530453
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRIOU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait la suspension de la décision de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris la plaçant en congé de longue durée puis en congé de maladie. La requérante invoquait une perte de rémunération pour justifier l’urgence, mais le juge a estimé que cette seule baisse de salaire ne caractérisait pas une situation d’urgence suffisante au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, la demande a été rejetée sans examen des moyens de fond, par application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Riou, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 19 septembre 2025 par laquelle l’Assistance-publique-hôpitaux de Paris l’a placée en position de congé de longue durée pour la période du 5 novembre 2024 au 4 mai 2025 puis en congés de maladie à compter du 5 mai 2025, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris de lui appliquer la législation relative aux accidents de service à compter du 5 novembre 2024 et de la placer rétroactivement en position de congé pour invalidité temporaire imputable au service ou en congé de longue durée à compter de cette date, la cas échéant sous astreinte.

3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A... soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite, dans la mesure où elle est privée de la moitié de sa rémunération depuis le mois d’août 2025 ;
- en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d’une incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d’une erreur de faits ;

- elle est entachée d’une erreur de qualification juridique des faits et d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2530452 par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Mme Giraudon a été désignée par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l'article L. 522-1 dudit code, le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. L'article L. 522-3 du même code précise que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, le premier alinéa de l’article R. 522-1 de code ajoute que la requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit justifier de l’urgence de l’affaire.

2. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

3. Au soutien de sa demande de suspension de l’exécution de la décision litigieuse, Mme A... se borne à soutenir qu’elle est privée de la moitié de sa rémunération depuis le mois d’août 2025. Toutefois, la seule baisse de sa rémunération ne suffit pas à caractériser l'existence d'une situation d'urgence qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter sa requête en toutes ses conclusions.


O R D O N N E


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....



Fait à Paris, le 23 octobre 2025


La juge des référés,





M.-C. GIRAUDON



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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