Le Tribunal administratif de Paris statue par ordonnance sur une requête initialement dirigée contre un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire. Le requérant s'étant désisté de ses conclusions principales après l'obtention d'une carte de séjour, le tribunal donne acte de ce désistement. Il accorde provisoirement l'aide juridictionnelle au requérant et condamne l'État à verser une somme d'argent à son avocate, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Peiffer-Devonec, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler l‘arrêté du 4 décembre 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français et refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de cinq ans ;
3°) d’enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation de séjour et de travail ;
4°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur d’effacer les données à caractère personnel relatives à son signalement dans le système d’information Schengen (SIS) ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 794 euros TTC au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de non admission à l’aide juridictionnelle, à lui-même au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 7 janvier 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Par un mémoire, enregistré le 8 janvier 2026, M. A... conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d’annulation et d’injonction et maintient ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A... a demandé le bénéfice de l’aide juridictionnelle le 21 octobre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) Les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 1 donner acte des désistements ; / (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
2. Par un mémoire, enregistré le 8 janvier 2026, M. A... qui conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d’annulation et d’injonction en raison de la délivrance d’une carte de séjour mention « travailleur temporaire » valable du 25 novembre 2025 au 16 novembre 2026, doit être regardé comme se désistant ainsi de ces conclusions. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
3. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, en application de cet article et eu égard à l’urgence à statuer, de prononcer l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
4. Il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat, au bénéfice de Me Peiffer-Devonec, avocate de M. A..., la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’elle renonce à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A... de ses conclusions à fin d’annulation et d’injonction.
Article 2 : La somme de 1 500 euros est mise à la charge de l’Etat au bénéfice de Me Peiffer-Devonec, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’elle renonce à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Peiffer-Devonec et au préfet de police.
Fait à Paris, le 6 février 2026.
La vice-présidente de la 5e section,
S. Aubert
La République mande et ordonne au préfet de police ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui le concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.