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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2531272

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2531272

lundi 8 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2531272
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET SELARL SMETH

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B... qui demandait d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour « salarié ». Le juge retient que la demande de rendez-vous de l’intéressé avait déjà fait l’objet d’une décision de classement sans suite, laquelle fait obstacle à la mesure sollicitée en l’absence de péril grave. La solution est fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Samba, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour portant la mention « salarié » et d’obtenir un récépissé, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de rendez-vous de M. B... a été classée sans suite le 5 septembre 2025 et que dans ces conditions, la décision de clôture de sa demande de rendez-vous fait obstacle à ce que le juge des référés lui ordonne de convoquer le requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. M. B..., ressortissant marocain, né le 4 janvier 1996, titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle « travailleur saisonnier », valable du 6 septembre 2022 au 5 septembre 2025, a déposé le 21 août 2025 sur le site démarches simplifiées une demande de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de changement de statut vers un titre de séjour « salarié ». Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de police de le convoquer pour déposer sa demande de changement de statut. Toutefois, il résulte de l’instruction que la demande que M. B... a déposé le 21 août 2025 a fait l’objet d’une décision de classement sans suite le 5 septembre 2025 au motif que « le statut de saisonnier ne permet pas le changement de statut, vous êtes invités à vous rapprocher du consulat du Maroc afin d’obtenir un visa salarié ». Alors que M. B... ne justifie pas de l’existence d’un péril grave qu’il serait nécessaire de prévenir, cette décision de clôture fait obstacle à ce que le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, ordonne au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin qu’il dépose sa demande de changement de statut.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l’instance.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 8 décembre 2025.


La juge des référés,

Signé,

A. PERRIN


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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