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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2531343

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2531343

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2531343
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantBESSE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris statue sur une demande d'exécution d'un jugement concernant le réexamen d'une demande de titre de séjour. Il constate que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas pris de décision expresse, en méconnaissance d'une injonction antérieure. Le tribunal enjoint donc au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-4 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande, enregistrée le 6 mars 2025, M. B... A..., représenté par Me Besse, demande au tribunal, sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou à tout préfet territorialement compétent de prendre, sans délai et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 2305176 du tribunal administratif de Paris du 24 avril 2024.


Il soutient que le préfet compétent n’a toujours pas réexaminé sa demande de titre de séjour portant la mention « salarié » comme le prescrit l’article 2 du dispositif du jugement du 24 avril 2024.



Par une ordonnance du 28 octobre 2025, le président du tribunal a, en application des dispositions de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.


Par une pièce complémentaire, enregistrée le 24 décembre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a fixé une date de rendez-vous le 21 janvier 2026 à 9 h 30.



Des pièces complémentaires, enregistrées le 20 février 2026, ont été produites par le préfet des Hauts-de-Seine et n’ont pas été communiquées.



Vu :

- le jugement n° 2305176 rendu le 24 avril 2024 par le tribunal administratif de Paris ;
- les autres pièces du dossier.


Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.



A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Truilhé.




Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’exécution :

1. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ».

2. Par un jugement n°2305176 du 24 avril 2024, devenu définitif, le tribunal a annulé la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de délivrer à M. A... un titre de séjour portant la mention « salarié », a enjoint au préfet de police de réexaminer la demande de titre de séjour de l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et a mis à la charge de l’Etat une somme de 800 euros à verser à M. A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. M. A... a saisi le tribunal en vue d’obtenir l’exécution de ce jugement en tant que celui-ci a enjoint à l’autorité préfectorale de réexaminer sa demande de titre de séjour.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A... a changé de domicile et réside désormais dans le département des Hauts-de-Seine. Postérieurement à l’introduction de sa demande d’exécution, M. A... a été convoqué, par courrier du 24 décembre 2025, à un rendez-vous fixé le 21 janvier 2026 à 09h30 au sein des locaux de la préfecture des Hauts-de-Seine afin de procéder à l’instruction de sa demande de titre de séjour. Toutefois, à la date du présent jugement, le préfet des Hauts-de-Seine ne s’est pas expressément prononcé sur la demande de titre de séjour et n’a pas pris une nouvelle décision relative à la situation administrative de l’intéressé, en méconnaissance de l’injonction prononcée à l’article 2 du jugement n° 2305176 du 24 avril 2024. Il ne peut, par suite, être regardé comme en ayant assuré la complète exécution.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de prononcer à l’encontre du préfet des Hauts-de-Seine, à défaut pour lui de justifier de cette exécution dans un délai d’un mois, une astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu’à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.







D E C I D E :






Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine ou à tout préfet territorialement compétent, en exécution de l’article 2 du jugement n° 2305176 rendu par le tribunal administratif de Paris le 24 avril 2024, de réexaminer la demande de titre de séjour de M. A... dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.


Article 2 : Une astreinte est prononcée à l’encontre de l’Etat, s’il n’est pas justifié de l’exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l’article 1er ci-dessus. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour de retard à compter du lendemain de l’expiration de ce délai et jusqu’à la date de cette exécution.


Article 3 : Le préfet des Hauts-de-Seine communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.


Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.


Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., au préfet des Hauts-de-Seine et au préfet de police de Paris.


Délibéré après l'audience du 25 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,
Mme Monteagle, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2026.



Le président-rapporteur
La première conseillère,


signé

signé


J-C. TRUILHÉ
M. MONTEAGLE

La greffière,



signé

S. RUBIRALTA


La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou à tout préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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