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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2532211

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2532211

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2532211
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantCABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. B... D... contestant le refus de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d’accueil. Le tribunal écarte les moyens d’incompétence et d’insuffisance de motivation, et juge que le refus, fondé sur le 3° de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (demande de réexamen), n’est pas entaché d’erreur manifeste d’appréciation. Le requérant n’établit pas de situation de vulnérabilité particulière.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, M. E... B... D..., représenté par Me Pafundi, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler la décision du 31 octobre 2025 par laquelle le directeur territorial de l’OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil ;

3°) d’enjoindre au directeur territorial de l’OFII de lui accorder les conditions matérielles d’accueil rétroactivement dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou de réexaminer sa demande dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros HT au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation de Me Pafundi à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d’incompétence ;
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

La requête a été communiquée au directeur général de l’OFII, qui a produit des pièces enregistrées le 3 décembre 2025 à 10h51.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience, le 3 décembre 2025 à 11h.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Khiat, premier conseiller ;
les observations de Me Da Costa substituant Me Pafundi, qui souligne la situation de vulnérabilité de M. B... D... ;
le directeur général de l’OFII n’étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. B... D..., de nationalité congolaise, né le 26 juin 1978, a présenté une demande d’asile, enregistrée le 31 octobre 2025. Par une décision du même jour, le directeur territorial de l’OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil sur le fondement du 3° de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, au motif que sa demande d’asile constituait une demande de réexamen. Par le présent recours, M. B... D... demande l’annulation pour excès de pouvoir de cette décision.


Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, M. B... D... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions de la requête :

Aux termes de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : (…) 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; (...) La décision de refus des conditions matérielles d’accueil prise en application du président article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ».



En premier lieu, par une décision du 10 septembre 2025 régulièrement publiée, accessible tant au juge qu’aux parties, le directeur général de l’OFII a donné à M. A... F..., directeur territorial de l’OFII à Paris, délégation à l’effet de signer les décisions de la nature de celle en litige. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté contesté manque en fait et doit, par suite, être écarté.

En deuxième lieu, la décision en litige comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, sans d’ailleurs que le requérant n’articule de contestation sur ce point, que sa demande d’asile, enregistrée le 31 octobre 2025, constitue une demande de réexamen. Si le requérant allègue être sans domicile et sans ressources, il n’apporte pas le moindre élément au soutien de ses allégations. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B... D... se trouverait en situation de vulnérabilité particulière au sens et pour l’application des dispositions citées au point 3. Par suite, le requérant n’est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que M. B... D... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 31 octobre 2025 par laquelle le directeur territorial de l’OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu’être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : M. B... D... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B... D... est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E... B... D..., à Me Pafundi, et au directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.

Le magistrat désigné,
Signé,
Y. KHIAT
La greffière,
Signé,
M. C...



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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