Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. C... qui demandait une injonction de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour. Le tribunal retient que la demande de titre de séjour de l’intéressé a été classée sans suite par le préfet de police le 19 juillet 2025 en raison du caractère incomplet de son dossier, les pièces complémentaires ayant été transmises après la date limite fixée. Cette décision de classement vaut rejet de la demande de renouvellement de récépissé, rendant la mesure sollicitée impossible à ordonner. La requête est donc rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrées les 7 novembre, 18 novembre et 15 décembre 2025, M. A... C..., représenté par Me Rimailho, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer en préfecture afin de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation dématérialisée l’autorisant à travailler procéder au renouvellement de son récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par heure de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu’il a sollicité 23 janvier 2024, le renouvellement de son titre de séjour expirant le 6 février 2024, qu’il a été mis en possession, de récépissés dont le dernier a expiré le 3 mai 2025 ; qu’il a fourni par mail du 20 mai 2024, puis à nouveau par mail du 13 septembre 2024, les éléments requis par la demande de complément du 5 février 2024, mais que ces éléments n’ont pas été pris en compte ; qu’il se trouve aujourd’hui en situation irrégulière en raison de l’inertie de la préfecture, et malgré plusieurs relances ;
- la mesure est utile dès lors qu’il peut désormais faire l’objet d’une mesure d’éloignement à tout moment et que sa situation met en péril son projet professionnel, pourtant essentiel pour le renouvellement de son titre de séjour « salarié » ;
- aucune décision administrative ne peut être contestée devant le tribunal de céans, de sorte que la mesure demandée n’est pas de nature à faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
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Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le dossier de renouvellement de titre de séjour déposé par M. C... le 23 janvier 2024, n’était pas complet ; que la préfecture lui a demandé de transmettre, par mail au plus tard le 22 avril 2024, des pièces complémentaires, demande réitérée le 5 février 2024, avec la même échéance ; que son dossier a été classé sans suite le 19 juillet 2024 en l’absence de la transmission des documents demandés dans les délais requis ;
- les conclusions à fin d’injonction doivent être regardées comme faisant obstacle à l’exécution de ce classement sans suite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
M. A... C..., ressortissant seychellois né le 10 septembre 1982, titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle mention « salarié » valable du 7 février 2020 au 6 février 2024, a déposé, auprès de la préfecture de police, le 23 janvier 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour en cette même qualité. Il a alors été mis en possession d’un récépissé de demande de titre, renouvelé et valable en dernier lieu jusqu’au 3 mai 2025. Par la présente requête, M. C... demande à la juge des référés d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un nouveau récépissé l’autorisant à travailler.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
En l’espèce, il résulte de l’instruction que le préfet de police a classé sans suite, le 19 juillet 2025, la demande de titre de séjour de M. C... en raison du caractère incomplet de son dossier. Si le requérant conteste ce caractère incomplet en soutenant qu’il a transmis les pièces complémentaires demandées, il ressort des pièces du dossier qu’il l’a fait postérieurement à la date limite fixée par la préfecture, soit le 22 avril 2024. La décision de classement sans suite de sa demande vaut rejet de la demande de renouvellement de récépissé formulée par le requérant. Il s’ensuit que les conclusions de M. C... tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ne peuvent qu’être rejetées.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C..., à Me Rimailho et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 5 janvier 2026.
La juge des référés,
signé
A. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.