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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2532491

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2532491

vendredi 21 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2532491
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS (SEL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension du refus de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B..., ressortissant soudanais. Le juge constate que la décision de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français, prise le 17 juillet 2025, a été régulièrement notifiée à l'adresse connue de la préfecture, le pli recommandé ayant été présenté sans que l'intéressé ne le retire. Dès lors, la demande de suspension, fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est rejetée comme manifestement infondée, la décision de clôture du dossier n'étant qu'une information sur l'existence de cette décision antérieure. Les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais du litige sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Decarnin, demande au juge des référés :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 septembre 2025 portant refus de renouvellement de son titre de séjour, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour d’une durée de six mois, dans le délai de deux jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour ;

4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
la condition d’urgence est présumée dès lors qu’il s’agit d’un renouvellement de titre de séjour ;
Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :
Elle est entachée d’incompétence ;
Elle est insuffisamment motivée, révélant un défaut d’examen de sa demande ;
Elle est entachée d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles L. 422-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’article L. 423-23 du CESEDA et de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
Elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de police a produit des pièces les 20 et 21 novembre 2025, démontrant qu’une décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été prise le 17 juillet 2025 et notifiée dans les jours suivant mais retournée à l’expéditeur, faute pour l’intéressé d’avoir retiré le pli à la Poste.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 novembre 2025 sous le numéro 2532492 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bailly, présidente de section pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de M. Drai, greffier d’audience, Mme Bailly a lu son rapport et entendu :
les observations de Me Decarnin pour M. B... ;
et celles de Me Murat pour le préfet de police

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :


1. M. B..., ressortissant soudanais né le 21 mai 1999, entré en France le 27 décembre 2016, s’est vu successivement délivrer trois titres de séjour mention « étudiant » entre 2019 et novembre 2024, dont il a sollicité le renouvellement le 18 juillet 2024. Il a alors été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction, valable du 19 décembre 2024 au 18 mars 2025, puis renouvelée le 2 mai 2025 pour une durée de trois mois. Il fait valoir que son dossier a été clôturé et demande l’annulation de la décision portant clôture de sa demande de titre de séjour.

Sur l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

2. Il y a lieu, eu égard aux délais dans lesquels le juge des référés doit se prononcer, d’admettre M. B..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.



Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».

4. Il résulte de l’instruction que la demande de renouvellement du titre de séjour mention « étudiant » formée par M. B... a été rejetée par une décision du 17 juillet 2025, régulièrement notifiée à la dernière adresse connue de la préfecture. Il résulte du suivi de la Poste du courrier recommandé que le pli a été remis à la Poste le 23 juillet et présenté le 25 juillet suivant, avec dépôt d’un avis de passage. L’intéressé n’ayant pas été cherché le pli, celui-ci a été retourné à l’expéditeur. Si M. B... fait valoir qu’il a informé les services préfectoraux de son changement d’adresse, il n’établit ni l’avoir fait avant le 17 juillet 2025, ni l’impossibilité de le faire. Dans ces conditions l’arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être regardé comme régulièrement notifié à la date du 25 juillet 2025.

5. Il suit de là que les conclusions tendant à la suspension de la décision de clôture de son dossier qui l’informait de ce qu’une décision a déjà été prise en réponse à sa demande ne peuvent qu’être rejetées comme étant manifestement infondées, comme par voie de conséquence les conclusions aux fins d’injonction et celles relatives aux frais du litige.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B... est admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 21 novembre 2025.

La juge des référés,




P. Bailly



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision



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