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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2533410

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2533410

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2533410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantDIALLO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par M. C... d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de police du 12 novembre 2025 ordonnant son transfert aux autorités espagnoles. En cours d’instance, le préfet a retiré cet arrêté le 9 décembre 2025, privant d’objet la demande d’annulation. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et rejeté les demandes accessoires, notamment celles relatives aux frais d’instance. La décision s’appuie sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2025, M. B... C..., représenté par Me Diallo, demande au tribunal :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté du 12 novembre 2025 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités espagnoles ;

3°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demande d’asile qui lui permette de saisir l’OFPRA dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de Me Diallo en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- l’arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d’insuffisance de motivation et n’a pas été précédé d’un examen suffisant ;
- il méconnaît l’article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dès lors qu’il n’est pas établi que les brochures requises lui ont été remises dans une langue qu’il comprend ;
- il méconnaît l’article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors que rien n’atteste que l’entretien dont il devait bénéficier a eu lieu, dans les conditions requises par les textes, notamment qu’il ait été mené par une personne qualifiée, avec l’aide d’un interprète ;
- l’administration n’établit pas avoir saisi les autorités espagnoles dans le délai imparti par les textes ni que ces autorités ont accepté sa demande ;
- il méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et procède d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.


Vu, enregistré le 9 décembre 2025, le mémoire par lequel le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. C....

Il fait valoir que postérieurement à l’introduction de la requête il a, par arrêté du 12 novembre 2025, retiré la décision contestée et que la requête n’a plus d’objet.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E... en application de l’article L. 922.2 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. E...,
- M. C... n’étant ni présent, ni représenté ;
- les observations de Mme A..., représentant le préfet de police.


Vu la note en délibéré, enregistrée le 19 décembre 2025, présentée pour M. C... par Me Diallo.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... C..., ressortissant mauritanien né le 1er janvier 1994, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 12 novembre 2025 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités espagnoles.


Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de M. C... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur le non-lieu à statuer :

3. Par arrêté du 9 décembre 2025, le préfet de police a retiré l’arrêté litigieux du 12 novembre 2025. La requête n’a dès lors plus d’objet. Il y a lieu de statuer par un non-lieu sur les conclusions aux fins d’annulation.



Sur les frais d’instance :


4. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions de la requête relatives aux frais d’instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. C... est admis à titre provisoire à l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C..., à Me Diallo et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2025.


Le magistrat désigné,

signé


P. E...
La greffière,

signé


M. D...




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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