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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2533641

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2533641

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2533641
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEAUFORT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B... qui demandait la délivrance sous astreinte d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le requérant invoquait une atteinte grave à ses libertés fondamentales (vie privée, travail) en raison de la suspension de son contrat de travail après l'expiration de son titre. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière exigée par ce texte n'était pas remplie, faute pour l'intéressé de justifier d'une situation financière précaire, et a rappelé la possibilité de saisir le juge des référés sur un autre fondement (article L. 521-3).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Beaufort, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer dans un délai de 24 heures une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre ou une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la condition d’urgence :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que, son titre de séjour ayant expiré le 15 novembre 2025, son contrat de travail a été suspendu durant 15 jours.

Sur l’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- le défaut de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale, à sa liberté d’aller et de venir, à sa liberté de travail.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Par ailleurs, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (…) justifier de l’urgence de l’affaire. ». Enfin, il résulte de l’article L. 522-3 du même code que le juge des référés peut rejeter la demande par une ordonnance motivée sans instruction ni audience lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence.

3. Lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.

4. Pour caractériser l’urgence, M. B... fait valoir que son titre de séjour est expiré depuis le 15 novembre 2025, que son contrat de travail, qui a débuté le 7 novembre 2025, soit au début du mois, a été suspendu par son employeur à compter du 15 novembre 2025 pour une durée de 15 jours et qu’il se trouve privé de ressources. Toutefois, alors que l’intéressé ne justifie pas se trouver dans une situation financière précaire, et qu’il peut au demeurant, s’il s’y estime fondé, saisir le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la condition d’urgence particulière posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être considérée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Paris, le 20 novembre 2025.


La juge des référés,

Signé

M. Merino


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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