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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2535038

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2535038

mercredi 10 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2535038
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDANDAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A... pour demander la suspension de la décision d'ajournement à l'examen d'entrée au CRFPA, estimant que le jury n'avait pas respecté son plan d'accompagnement pour étudiant handicapé (PAEH) en méconnaissance de l'article L. 112-4 du code de l'éducation. Le juge a rejeté la requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas établie et qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 3 et 9 décembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Dandan, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision portant ajournement aux épreuves d’admission prise par le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats de l’université Paris Cité au titre de la session 2025, révélée par la liste des résultats d’admission à l’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats publiée le 1er décembre 2025 et son relevé de notes, ensemble la décision d’ajournement aux épreuves d’admissibilité révélée par son relevé de notes et la décision portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre au président du jury d’examen de l’institut d’études judiciaires de l’université Paris Cité de faire réexaminer ses copies dans les épreuves de droit des obligations et de droit civil dans le respect de son plan d’accompagnement d’étudiante en situation de handicap et en organisant une double correction, avant de réunir le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats afin qu’il procède au réexamen de sa situation et l’admette, au moins provisoirement, aux épreuves d’admission de cet examen, avant le 7 décembre 2025, ou au moins avant la rentrée à l’école d’avocats de telle sorte qu’elle puisse y obtenir une inscription provisoire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’université Paris Cité la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête est recevable ;

Sur l’urgence :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision contestée, qui l’a déjà privée d’un passage aux oraux d’admission, l’empêche d’intégrer un centre régional de formation professionnelle d’avocats pour la rentrée de janvier 2026 et la prive de l’une de ses trois chances dévolues aux candidats de cet examen d’accès, de sorte qu’elle se retrouve privée d’une année d’études et d’une année d’exercice professionnel et qu’elle subit les pertes financières afférentes ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision méconnaît les principes d’égalité ainsi que les dispositions de l’article L. 112-4 du code de l’éducation, faute pour le jury d’examen d’avoir pris en compte les aménagements des conditions d’examen figurant dans son plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2025, le président de l’université Paris Cité conclut au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, qu’elle est irrecevable dès lors que les demandes formulées par Mme A... sont simultanément présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du même code et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 novembre 2025 sous le n° 2531848 par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- l’arrêté du 17 octobre 2016 fixant le programme et les modalités de l’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guiader pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique tenue le 9 décembre 2025 en présence de Mme Durmaz, greffière d’audience :
- le rapport de M. Guiader, juge des référés ;
- les observations de Me Dandan, représentant Mme A..., présente à l’audience, qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Bernabé, représentant l’université Paris Cité, qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., candidate à l’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats et inscrite à l’institut d’études judiciaires de l’université Paris Cité, au titre de la session 2025, a été déclarée non-admissible le 22 octobre 2025 par le jury d’examen d’accès au centre, décision à l’encontre de laquelle elle a formulé un recours gracieux, qui a été rejeté, et non admise à l’issue des épreuves d’admission. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision portant ajournement aux épreuves d’admission prise par le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats de l’université Paris Cité au titre de la session 2025, révélée par la liste des résultats d’admission à cet examen publiée le 1er décembre 2025 et son relevé de notes, ensemble la décision d’ajournement aux épreuves d’admissibilité révélée par son relevé de notes et la décision portant rejet de son recours gracieux, et d’enjoindre au président du jury d’examen de l’institut d’études judiciaires de l’université Paris Cité de faire réexaminer ses copies dans les épreuves de droit des obligations et de droit civil dans le respect de son plan d’accompagnement d’étudiante en situation de handicap et en organisant une double correction, avant de réunir le jury d’examen afin qu’il procède au réexamen de sa situation et l’admette, au moins provisoirement, aux épreuves d’admission de cet examen, avant le 7 décembre 2025, ou au moins avant la rentrée à l’école d’avocats de telle sorte qu’elle puisse y obtenir une inscription provisoire.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Le président de l’université Paris Cité oppose une fin de non-recevoir tirée de ce que les demandes formulées par Mme A... sont simultanément présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du même code.

3. Il résulte toutefois de l’instruction que la requête présentée par Mme A... est intitulée « requête en référé suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative) » et qu’elle mentionne, préalablement à l’exposé de ses demandes, « vu l’article L. 521-1 du code de justice administrative », de sorte qu’il ne fait aucun doute que les demandes formulées par la requérante dans sa requête sont présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Ainsi, la fin de non-recevoir soulevée en défense à l’encontre des conclusions présentées par Mme A... doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins de suspension présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ».

En ce qui concerne l’urgence :

5. Il résulte des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

6. Pour justifier de l’urgence à suspendre la décision litigieuse, Mme A... soutient que la décision contestée, qui l’a déjà privée d’un passage aux oraux d’admission, a pour conséquence d’empêcher son inscription à l’école de formation des barreaux, dont la rentrée a lieu en janvier 2026, faisant ainsi obstacle à la poursuite de son projet professionnel en tant qu’avocate, tout en la privant d’une de ses trois chances de présenter cet examen ainsi que d’une année d’études et d’une année d’exercice professionnelle, en subissant les pertes financières afférentes, ce qu’elle démontre par les pièces qu’elle produit. Eu égard aux considérations particulières invoquées par la requérante et en l’absence de mention par le défendeur de circonstances qui seraient de nature à perturber significativement l’organisation de la formation à la profession d’avocat, la décision litigieuse doit être regardée comme portant une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation, de sorte que la condition d’urgence requise par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être considérée comme remplie.

En ce qui concerne l’existence d’un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

7. D’une part, aux termes de l’article L. 112-4 du code de l’éducation, « Pour garantir l’égalité des chances entre les candidats, des aménagements aux candidats de passation des épreuves orales, écrites, pratiques ou de contrôle continu des examens ou concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supérieur, rendus nécessaires en raison d’un handicap ou d’un trouble de la santé invalidant, sont prévus par décret. Ces aménagements peuvent inclure notamment l’octroi d’un temps supplémentaire et sa prise en compte dans le déroulement des épreuves, la présence d’un assistant, un dispositif de communication adapté, la mise à disposition d’un équipement adapté ou l’utilisation, par le candidat, de son équipement personnel. »

8. D’autre part, aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 17 octobre 2016 fixant le programme et les modalités de l’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats, « L’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats, prévu à l’article 51 du décret du 27 novembre 1991 susvisé, a lieu une fois par an. / L’examen, dont le programme est annexé au présent arrêté, comporte des épreuves écrites d’admissibilité et des épreuves orales d’admission. / Il se déroule dans les universités désignées à cet effet conformément aux dispositions du dernier alinéa de l’article 51 du décret du 27 novembre 1991 susvisé, sous la responsabilité de leur président. (…) »

9. Aux termes de l’article 5 de l’arrêté précité, « Les épreuves d’admissibilité comprennent : / 1° Une note de synthèse, rédigée en cinq heures, à partir de documents relatifs aux aspects juridiques des problèmes sociaux, politiques, économiques ou culturels du monde actuel. / La note est affectée d’un coefficient 3. / 2° Une épreuve de droit des obligations, d’une durée de trois heures. / La note est affectée d’un coefficient 2. / 3° Une épreuve destinée à vérifier l’aptitude à résoudre un ou plusieurs cas pratiques ou à rédiger une ou plusieurs consultations, d’une durée de trois heures, au choix du candidat, exprimé lors du dépôt de son dossier d’inscription, dans l’une des matières suivantes : / - droit civil ; / - droit des affaires ; / - droit social ; / droit pénal ; / - droit administratif ; / - droit international et européen ; / - droit fiscal. / La note est affectée d’un coefficient 2. / 4° Une épreuve de procédure, destinée à vérifier l’aptitude à résoudre un ou plusieurs cas pratiques ou à rédiger une ou plusieurs consultations, d’une durée de deux heures, portant sur l’une des matières suivantes : / - procédure civile, modes amiables de résolution des différents et modes alternatifs de règlement des différends ; / - procédure pénale ; / - procédure administrative et modes amiables de résolution des différends. (…) La note est affectée d’un coefficient 2. » Aux termes de l’article 6 du même arrêté, « Les épreuves d’admissibilité sont organisées de manière à préserver l’anonymat de chaque candidat. / Chaque copie est évaluée par deux correcteurs et reçoit une note de 0 à 20. / Pour être admissibles, les candidats doivent avoir obtenu une moyenne au moins égale à 10 sur 20 à l’ensemble des épreuves écrites. (…) L’admissibilité n’est valable que pour la session au cours de laquelle elle a été acquise. »

10. Aux termes de l’article 7 de l’arrêté du 17 octobre 2016 précité, « Nul ne peut se présenter aux épreuves d’admission s’il n’a été déclaré admissible par le jury. / Les épreuves orales d’admission comprennent : / 1° Un exposé de quinze minutes, après une préparation d’une heure, suivi d’un entretien de trente minutes avec le jury, sur un sujet relatif à la protection des libertés et des droits fondamentaux permettant d’apprécier les connaissances du candidat, la culture juridique, son aptitude à l’argumentation et à l’expression orale. / Cette épreuve se déroule en séance publique. / La note est affectée d’un coefficient 4. / 2° Une interrogation d’une durée de quinze minutes, après une préparation de quinze minutes en langue anglaise. / La note est affectée d’un coefficient 1. / Les épreuves d’admission sont notées de 0 à 20. » Aux termes de l’article 9 du même arrêté, « Pour être admis, les candidats doivent avoir obtenu une moyenne au moins égale à 10 sur 20 à l’ensemble des épreuves d’admissibilité et d’admission. »

11. Il résulte de l’instruction que, sur les 180 points que peut obtenir un candidat à l’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats au titre de l’admissibilité, la requérante a obtenu les notes de 9,75 sur 20 à l’épreuve de note de synthèse (coefficient 3), 11 sur 20 à l’épreuve de droit des obligations (coefficient 2), 7,75 sur 20 à l’épreuve de droit civil (coefficient 2), et 10,5 sur 20 à l’épreuve de procédure civile (coefficient 2), ce qui constitue la somme de 87,75 points, inférieure de 2,25 points aux 90 points requis pour être déclarée admissible au titre de la session 2025. Or, il résulte également de l’instruction que, d’une part, les appréciations harmonisées des copies corrigées de Mme A... font figurer, pour l’épreuve de droit des obligations, la mention « Il y a trop de fautes d’orthographe » et, pour l’épreuve de droit civil, la mention « Trop de fautes », et que, d’autre part, les captures d’écran du logiciel de correction des copies Viatique produites en défense par l’université font figurer, au titre de la « qualité rédactionnelle », le retrait de deux points par l’un des deux correcteurs de sa copie de droit des obligations et d’un point par l’un des deux correcteurs de sa copie de droit civil, et ce malgré le plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap édité le 7 mars 2025 qui indique pour Mme A... la « non pénalisation de l’orthographe », étant précisé « pour les épreuves où l’orthographe n’est pas une compétence évaluée ». Or, il n’est pas sérieusement contesté en défense que les épreuves de droit des obligations et de droit civil de l’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats ne constituent pas des épreuves où l’orthographe est une compétence spécifiquement évaluée. Il est par ailleurs constant que, dans l’épreuve de droit des obligations, un point supplémentaire (coefficient 2) aurait dû être accordé à Mme A... pour respect de son plan d’accompagnement d’étudiante en situation de handicap, ce qui porterait le total des points obtenu par Mme A... au titre de l’admissibilité de la session 2025 à 89,75 points sur les 90 requis pour être déclarée admissible. Outre le fait que Mme A..., si elle était bénéficiaire d’une telle rectification, présenterait ainsi une moyenne de 9,972 sur 20 à l’admissibilité, laquelle serait susceptible d’être réhaussée à 10 par l’attribution de points du jury pour satisfaction du seuil fixé à l’article 5 de l’arrêté du 17 octobre 2016 cité au point 9, ce qui n’est pas contesté par l’université en défense, il résulte également de l’instruction que la qualité orthographique de l’expression écrite de Mme A... a été prise en compte dans la notation de sa copie de l’épreuve de droit civil. Par suite, eu égard à cette dernière considération, au très faible écart de points qui sépare la requérante du seuil de l’admissibilité et aux termes de son plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap édité le 7 mars 2025, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 112-4 du code de l’éducation, faute pour le jury d’examen d’avoir pris en compte les aménagements des conditions d’examen figurant dans le plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap de Mme A..., est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

12. Dans ces conditions, l’exécution de la décision portant ajournement de Mme A... aux épreuves d’admission prise par le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats de l’institut d’études judiciaires de l’université Paris Cité au titre de la session 2025, révélée par la liste des résultats d’admission à cet examen publiée le 1er décembre 2025 et son relevé de notes, ainsi que de la décision d’ajournement aux épreuves d’admissibilité de cet examen révélée par son relevé de notes, et de la décision portant rejet de son recours gracieux, est suspendue.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

13. Eu égard à la portée de la suspension prononcée, il convient d’enjoindre au président de l’université Paris Cité de reconvoquer le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats afin qu’il soit procédé à une nouvelle double correction des copies de Mme A... dans les épreuves de droit civil et de droit des obligations dans le respect de son plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap et d’en tirer les conséquences nécessaires sur le plan de son admissibilité au titre de la session 2025 de cet examen, le cas échéant en procédant à l’organisation d’une nouvelle session d’oraux admission, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais de justice :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’université Paris Cité une somme de 1 500 euros à verser à la requérante, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E


Article 1 : L’exécution de la décision portant ajournement de Mme A... aux épreuves d’admission prise par le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats de l’institut d’études judiciaires de l’université Paris Cité au titre de la session 2025, révélée par la liste des résultats d’admission à cet examen publiée le 1er décembre 2025 et son relevé de notes, ainsi que de la décision d’ajournement aux épreuves d’admissibilité de cet examen révélée par son relevé de notes, et de la décision portant rejet de son recours gracieux, est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au président de l’université Paris Cité de reconvoquer le jury d’examen d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats afin qu’il soit procédé à une nouvelle double correction des copies de Mme A... dans les épreuves de droit civil et de droit des obligations et d’en tirer les conséquences nécessaires sur le plan de son admissibilité au titre de la session 2025 de cet examen, le cas échéant en procédant à l’organisation d’une nouvelle session d’oraux d’admission, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L’université Paris Cité versera à la requérante une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au président de l’université Paris Cité.

Fait à Paris le 10 décembre 2025.


Le juge des référés,

signé

V. Guiader


La République mande et ordonne au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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