Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite du préfet de police refusant le renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle de M. C..., ressortissant camerounais. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, tirés notamment de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. L'urgence n'a pas été examinée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 décembre 2025, M. B... C..., représenté par Me David, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé police a refusé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle ;
3°) à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux semaines à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande avec autorisation de travail sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, et dans l’hypothèse où il ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle provisoire, de lui verser cette somme.
M. C... soutient que :
En ce qui concerne l’urgence :
- l’urgence est présumée dès lors que le recours est dirigé contre une décision de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- il est en situation de précarité dès lors qu’il ne peut plus travailler.
En ce qui concerne le doute sérieux :
- la décision contestée est entachée d’incompétence, d’un défaut de motivation, d’un défaut d’examen sérieux de sa situation et méconnait les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et porte atteinte au droit de travailler et au droit à l’accès aux soins.
Vu :
- la requête enregistrée le 10 décembre 2025 sous le numéro 2535852 par laquelle M. C... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
A été entendu au cours de l’audience publique, tenue le 18 décembre 2025 en présence de Mme Gaonache-Née, greffière d’audience, le rapport de Mme A...
La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
M. C..., ressortissant camerounais, né le 15 janvier 1967, a bénéficié d’une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » valable du 4 octobre 2022 au 3 octobre 2024, dont il a sollicité le renouvellement. Par la présente requête, M. C... demande au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son lui délivrer un titre de séjour.
Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Il y a lieu, eu égard aux délais dans lesquels le juge des référés doit statuer, de prononcer l’admission de M. C... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
Il résulte de l’instruction que M. C..., qui ne justifie pas avoir demandé la communication des motifs de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, soutient sans l’établir résider en France depuis 1995 et ne produit à l’appui de sa requête que six bulletins de paie pour les années 2024 et 2025 pour des missions d’intérim en qualité de conducteur d’engins et une attestation de l’agence qui l’employait. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’urgence, les conclusions aux fins de suspension de l’exécution de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que l’ensemble des autres conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les autres conclusions de la requête de M. C... sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C..., à Me David et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris
Fait à Paris, le 19 décembre 2025.
La juge des référés,
Signé
E. A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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