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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2535929

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2535929

vendredi 26 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2535929
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMIRZEIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B..., ressortissant malien, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, car M. B... s’est maintenu en situation irrégulière pendant cinq ans avant d’entamer ses démarches et ne justifie d’aucune circonstance particulière imposant un traitement prioritaire de sa demande. La requête est rejetée en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Mirzein, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente ordonnance un rendez-vous pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour, sous astreinte de 30 euros par jour de retard, et de lui remettre un récépissé de demande de carte de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que le délai raisonnable d’attribution d’un rendez-vous est dépassé, et que son dossier sur la plateforme « Démarches simplifiées » va être supprimé en février 2026 ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence (…), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

Il résulte de l’instruction que M. B..., ressortissant malien né le 21 septembre 1991, a sollicité, le 22 février 2025, un rendez-vous sur le site « démarches simplifiées » de la préfecture de police en vue de déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Il fait état de ce qu’il a relancé en vain la préfecture le 10 décembre 2025 et de ce que, selon les informations figurant sur le site « démarches simplifiées », son dossier expirera à l’issue d’un délai de 12 mois, le 22 février 2026. Toutefois, selon ce même document, le délai moyen d’instruction est de 11 mois. En outre, M. B..., qui indique être présent en France depuis le mois de juin 2019, n’a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation qu’au bout de 5 ans et s’est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période. A l’exception de sa démarche infructueuse, M. B... ne fait état d’aucune autre circonstance caractérisant l’urgence à obtenir une mesure du juge des référés. Dans ces conditions, M. B... ne justifie d’aucune circonstance particulière au regard notamment de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d’urgence à laquelle les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée de rendez-vous ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Paris, le 26 décembre 2026.

La juge des référés,




M. DHIVER

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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