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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2537379

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2537379

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2537379
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantSCHWILDEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant pakistanais, qui contestait son maintien en rétention administrative. Le juge a écarté comme inopérants les moyens de légalité externe (incompétence, défaut de motivation) et a estimé que le préfet de police n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la demande d'asile de l'intéressé, présentée après deux rejets et une OQTF, visait uniquement à faire échec à son éloignement (articles L. 754-3 et L. 754-4 du CESEDA).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2025, M. D... A..., retenu au centre de rétention administrative de Paris, demande au tribunal d’annuler l’arrêté en date du 23 décembre 2025 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative.

Il soutient que :
- cette décision est prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.


Le préfet de police a produit des pièces, enregistrées le 19 janvier 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Roussier en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Roussier,
- les observation de Me Dridi avocat commis d’office pour M. A..., ce dernier assisté de M. B..., interprète en langue ourdou, qui fait valoir qu’il dispose d’un titre de séjour italien en cours de validité,
- et les observations de Me Schwilden, représentant préfet de police.


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. D... A..., ressortissant pakistanais né le 3 février 1988, demande l’annulation de l’arrêté du 23 décembre 2025 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative.

Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ». Aux termes de l’article L. 754-3 de ce même code : « (…) si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ (…) ». Enfin, aux termes de l’article L. 754-4 de ce même code : « L'étranger peut, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2, demander l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement ». Enfin, aux termes de l’article L. 921-2 de ce code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-3, il statue dans un délai de quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours ».

En premier lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l’annulation d’une décision par laquelle l’autorité administrative maintient en rétention un étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne peut être utilement demandée que dans la mesure de la contestation des motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Il en résulte que les moyens relevant de la légalité externe de l’arrêté du 23 décembre 2025 ne peuvent qu’être écartés comme inopérants. En tout état de cause, la décision a été signée par M. C... E... qui avait reçu délégation de signature du préfet de police par un arrêté n° 2025-01703 du 24 décembre 2025 et cette décision est suffisamment motivée.

En second lieu, pour maintenir M. A... en rétention administrative à la suite de sa demande d’asile présentée le 23 décembre 2025, le préfet de police a relevé que l’intéressé qui séjourne de façon irrégulière sur le territoire français a déposé deux demandes d’asile, toutes rejetées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d’asile, et a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire française prise le 14 janvier 2025 par le préfet de police. Enfin, par une décision notifiée le 15 janvier 2026 au requérant, l’OFPRA a rejeté comme irrecevable sa demande d’asile, et un éventuel appel devant la Cour nationale du droit d’asile ne nécessite pas la présence de l’intéressé en France. Compte tenu de ces circonstances, le préfet de police est fondé à estimer que M. A... n’a présenté sa demande d'asile que dans le seul but de faire échec à l'exécution de son éloignement. Par suite le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.
5. Par ailleurs, la circonstance que l’intéressé serait détenteur d’un titre de séjour italien en cours de validité est sans incidence sur la légalité de la décision de maintien en détention. Il appartient à l’intéressé, s’il s’y croit fondé, de demander au préfet de police sa réadmission en Italie sous réserve de l’accord des autorité italiennes.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté en date du 23 décembre 2025 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative.

D E C I D E


Article 1: La requête de M. A... est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D... A... et au préfet de police.

Décision rendue le 26 janvier 2026.


La magistrate désignée,
Signé
S. ROUSSIER
La greffière,
Signé
A. HEERALALL



La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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