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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2600097

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2600097

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2600097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantARIFA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... qui demandait d'enjoindre au préfet de police de le convoquer pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'intéressé séjournant irrégulièrement en France depuis 2019 et n'établissant pas que son emploi était menacé par cette situation. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2026, M. B... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de rendez-vous M. C... est en cours d’instruction et que l’intéressé ne justifie pas de l’urgence et de l’utilité de sa démarche.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. A..., pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Il résulte des termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative que : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette impossibilité sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

4. Il résulte de l’instruction que l’intéressé a enregistré successivement deux demandes d’admission exceptionnelle au séjour, le 28 août 2024 et le 26 août 2025, sur le site internet « www.demarches-simplifiees.fr ». Pour justifier de l’urgence qui s’attache à sa demande tendant à obtenir un rendez-vous afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour, M. C... soutient que l’absence de convocation l’expose au risque de se trouver en situation irrégulière et à la perte de son emploi. Toutefois, ainsi que le relève l’administration en défense, l’intéressé séjourne irrégulièrement en France depuis le 9 mars 2019 et déclare occuper un emploi de commis de cuisine depuis le 6 novembre 2023, sans que l’irrégularité de son séjour ne soit considérée comme un obstacle à son embauche. A cet égard, M. C..., qui produit seulement des fiches de paie de novembre 2023 à novembre 2025, n’établit pas l’intention de son employeur de mettre un terme à son contrat de travail pour un tel motif. Par suite, en l’absence de pièces utiles démontrant une situation de nature à caractériser une urgence, les conditions d’urgence et d’utilité exigées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent être regardées comme remplies.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte présentées par M. C... ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... et au ministre de l’intérieur.


Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 12 janvier 2026.


Le juge des référés,


Signé


V. A...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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