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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2601714

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2601714

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2601714
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantPIERRE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la requête de M. D... contestant le refus de renouvellement de son titre de séjour. Le juge des référés se déclare territorialement incompétent, la compétence relevant du tribunal administratif de Montreuil, lieu de résidence du requérant à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du même code. La requête est rejetée sans examen de l'urgence ni des moyens soulevés (défaut d'identification de l'auteur, insuffisance de motivation, méconnaissance de l'article L. 423-23 du CESEDA et de l'article 8 de la CEDH).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2026, M. C... D..., assisté de son curateur M. A... et représenté par Me Pierre, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d’une autorisation de travail dans l’attente du jugement au fond ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie s’agissant d’un renouvellement de titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en l’absence d’identification de l’agent décisionnaire et en raison de l’insuffisance de sa motivation ; en outre, cette décision méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B..., pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Il résulte des termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut rejeter une requête qui lui est soumise pour incompétence territoriale du tribunal administratif.

2. Aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. (…) ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) / Montreuil : (…) Seine-Saint-Denis ; (…) ».

3. Il résulte de l’instruction que M. D... réside, à la date de décision attaquée, à Saint-Denis, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Par voie de conséquence, en application des dispositions combinées des articles R. 312-2 et R. 312-8 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D... relève de la compétence du tribunal administratif de Montreuil. Par suite, la requête de M. D... doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... D..., à M. A... et à Me Pierre.

Fait à Paris, le 27 janvier 2026.


Le juge des référés,



V. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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