Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2026 M. A... B..., représenté par Me Rimailho demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision de rejet de sa demande de renouvellement de son autorisation de prolongation d’instruction et de la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard sur le fondement des dispositions des articles L.911-1 et L.911-2 du code de justice administrative et le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
il justifie d’une présomption d’urgence ;
eu égard à sa situation personnelle et professionnelle, il justifie d’une atteinte suffisamment grave et immédiate à cette situation ;
Le refus de renouvellement de son récépissé est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car il n’est pas motivé et a été pris sans examen sérieux de sa situation ;
Le refus de renouvellement de son récépissé est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a méconnu les dispositions des articles R. 431-12 et R. 431-15-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
La décision de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité car elle a été prise par une autorité incompétente ;
La décision attaquée est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité car elle est n’est pas motivée et a été prise sans examen sérieux de sa situation ;
La décision attaquée est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité car elle a été prise en violation des dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
La décision attaquée est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité car elle a été prise en violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision attaquée est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a commis une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et professionnelle.
En date du 30 janvier 2026, le conseil du préfet de police a produit des pièces.
Vu
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation n°2601749 enregistrée le même jour.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Béal en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l’audience.
Ont été entendu au cours de l’audience publique tenue le 30 janvier 2026, en présence de Mme Dessaint, greffier d'audience :
- le rapport de M. Béal qui a soulevé l’irrecevabilité des conclusions d’injonction au motif qu’elles préjudicient au principal et ne relèvent pas de l’office du juge des référés,
- les observations de Me Rimailho, avocat de M. B...,
- et celles de Me Faugeras, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l’instruction a été prononcée à 14 h.
Une note en délibéré a été enregistrée le 30 janvier à 16 h 29 pour M. B....
Considérant ce qui suit :
Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision de rejet de sa demande de renouvellement de son autorisation de prolongation d’instruction et de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard sur le fondement des dispositions des articles L.911-1 et L.911-2 du code de justice administrative et le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler et de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin de suspension :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
Sur l’urgence :
L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.
Il résulte de l’instruction que M. B... a bénéficié d’un titre de séjour mention « salarié » valable du 7 février 2020 au 6 février 2024 dont il a régulièrement demandé le renouvellement et que le récépissé qui lui a été délivré a été prorogé à plusieurs reprises. Il fait, ensuite, valoir que son employeur a dû le licencier et que ces refus de renouvellement le mettent dans la précarité et portent atteinte à sa vie privée. Par suite, et alors que le préfet de police ne conteste pas utilement la présomption d’urgence qui s’attache à la situation du requérant, la condition tenant à l’urgence exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
Sur le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
En l’état de l’instruction, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation au regard de sa situation professionnelle et personnelle, eu égard aux pièces versées relatives à l’intégration sociale et professionnelle de l’intéressé est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’ordonner la suspension de l’exécution des décisions par lesquelles le préfet de police a refusé de renouveler à M. B... son titre de séjour « salarié » et sa demande de renouvellement de son autorisation de prolongation d’instruction jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête en annulation n°2601749.
Sur les conclusions aux fins d’injonction et l’astreinte :
D’une part, et comme il a été soulevé lors de l’audience publique, les conclusions d’injonction présentées par le conseil du requérant tendent à prononcer une injonction définitive qui relève du seul juge du fond ne sont donc pas recevables et doivent être écartées.
D’autre part, la présente ordonnance implique nécessairement qu’il soit procédé au réexamen de renouvellement de son autorisation de prolongation d’instruction et de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B.... Par conséquent, il y a lieu d’enjoindre au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à ces réexamens dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et de le munir durant ce réexamen dans un délai de 5 jours à compter de cette notification d’un récépissé avec autorisation de travail, jusqu’à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
Le conseil de M. B... ne justifiant pas que son client ait obtenu l’aide juridictionnelle, les conclusions tendant à mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de ce conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu’être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution des décisions du préfet de police de rejet de la demande de M. B... de renouvellement de son autorisation de prolongation d’instruction et de rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer durant ce réexamen un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 5 jours à compter de cette notification, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête en annulation n°2601749.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., Me Rimailho et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 2 février 2026.
Le juge des référés,
Signé
Béal
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance
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