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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2602077

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2602077

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2602077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLENGRAND

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a examiné la demande d'un ressortissant afghan bénéficiaire de la protection subsidiaire visant à enjoindre au préfet de lui délivrer une convocation pour enregistrer sa demande de titre de séjour. La juridiction a constaté que l'administration avait déjà convoqué le requérant à un rendez-vous, ce qui rendait sa demande sans objet. Par conséquent, le juge a prononcé une admission provisoire à l'aide juridictionnelle mais a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur l'injonction, tout en allouant des frais d'instance à l'avocate du requérant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 et le 30 janvier 2026, M. A... B..., représenté par Me Lengrand, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer une convocation en vue de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection internationale, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 180 euros par jour de retard.

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à son avocat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même si le bénéfice de l’aide juridictionnelle ne lui est pas accordé.


M. B... soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l’urgence n’est pas caractérisée, et fait valoir que M. B... a été invité à se présenter le 29 janvier 2026 à 13 heures 30 en vue de la délivrance d’un récépissé de demande de carte de séjour et du dépôt des documents pour le réexamen de sa demande de titre de séjour.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :


M. B..., ressortissant afghan né le 24 septembre 2004, a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 21 novembre 2025. Par la requête susvisée, il demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer une convocation en vue de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection internationale.

Sur l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce de prononcer l’admission provisoire de M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur la demande en référé :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.

Il résulte de l’instruction que, comme l’a soutenu le préfet de police dans ses écritures en défense, M. B... a été invité, par un courriel du 28 janvier 2026, à se présenter dans les services de la préfecture de police le 29 janvier 2026 à 13 heures 30 en vue de la délivrance d’un récépissé et du dépôt des documents pour le réexamen de sa demande de titre de séjour. Si M. B... fait valoir que, lors de ce rendez-vous, sa demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire n’a pas été effectivement et correctement enregistrée, il ne l’établit pas. Par suite, les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte de la requête de M. B... ont perdu leur objet en cours d’instance. Il n’y a donc pas lieu d’y statuer.



Sur les frais d’instance :

Il résulte du point 2 que M. B... est provisoirement admis à l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Lengrand, avocate de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Lengrand de la somme de 800 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.




O R D O N N E :


Article 1er : M. B... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a pas lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte présentées par M. B....

Article 3 : Sous réserve de l’admission définitive de M. B... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Lengrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier versera à Me Lengrand, avocate de M. B..., une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B..., la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au ministre de l’intérieur et à Me Lengrand.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 18 février 2026.


La juge des référés,

Signé


M. Merino
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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