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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2604672

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2604672

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2604672
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Sujet principal : Demande d'inscription d'urgence sur les listes électorales en vue d'élections municipales. Juridiction : Tribunal administratif de Paris (formation de référé). Solution retenue : Rejet de la requête pour incompétence de la juridiction administrative. Textes appliqués : Articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, et articles L. 18 à L. 20 du code électoral qui attribuent la compétence pour ce contentieux au tribunal judiciaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 14 février 2026, Mme B... C... demande à la juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner son inscription immédiate sur les listes électorales du 12e arrondissement de Paris en vue des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ;

2°) de prescrire toute mesure nécessaire à l’effectivité de cette décision ;

3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 80 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée au regard de l’imminence du scrutin et de la perte définitive de la possibilité de voter pour celui-ci ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de vote alors que son changement d’adresse tardif est indépendant de sa volonté et qu’elle remplit les conditions légales pour être inscrite sur les listes électorales ; que l’administration a fait une interprétation excessivement restrictive des dispositions applicables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heure ». L'article L. 522-3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 18 du code électoral : « I. - Le maire vérifie si la demande d'inscription de l'électeur répond aux conditions mentionnées au I de l'article L. 11 ou aux articles L. 12 à L. 15-1. Il statue sur cette demande dans un délai de cinq jours à compter de son dépôt. /Le maire radie les électeurs qui ne remplissent plus aucune des conditions mentionnées au premier alinéa du présent I à l'issue d'une procédure contradictoire. (…) III.- Tout recours contentieux formé par l'électeur intéressé contre une décision prise au titre du présent article est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. /Ce recours administratif préalable est formé dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision prévue au II du présent article. Le recours est examiné par la commission mentionnée à l'article L. 19. /Si la commission de contrôle n'a pas statué dans les trente jours sur un recours administratif préalable, elle est réputée l'avoir rejeté. Si, lors de la réunion prévue au III du même article L. 19, la commission de contrôle n'a pas statué sur les recours administratifs préalables formés devant elle, elle est réputée les avoir rejetés. IV.- Le recours contentieux est formé dans un délai de sept jours à compter de : 1° La notification de la décision de la commission de contrôle ; (…) Le recours contentieux est examiné dans les conditions prévues aux deux derniers alinéas du I de l'article L. 20. ». Aux termes de l’article L. 20 de ce code : « I.- Tout électeur inscrit sur la liste électorale de la commune peut demander, auprès du tribunal judiciaire, l'inscription ou la radiation d'un électeur omis ou indûment inscrit ou contester la décision de radiation ou d'inscription d'un électeur. (…) Un pourvoi en cassation peut être formé contre ce jugement dans un délai de dix jours à compter de sa notification. Le pourvoi n'est pas suspensif. L'arrêt rendu par la Cour de cassation est notifié aux parties, au maire et à l'Institut national de la statistique et des études économiques. (…). ».

La demande de Mme C..., qui tend à la contestation d’une décision de refus d’inscription sur les listes électorales de la commune de Paris, relève de la procédure organisée aux l'article L. 18 à L. 20 du code électoral qui attribue au tribunal judicaire la contestation de telles décisions après saisine de la commission de contrôle. Ainsi, elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête dans toutes ses conclusions comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C....


Fait à Paris, le 16 février 2026.


La juge des référés,

Signé


A. A...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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