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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2605057

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2605057

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2605057
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMEILLER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a été saisi par un étranger demandant une injonction pour déposer sa demande de titre de séjour et obtenir un récépissé de travail. Le juge a donné acte du désistement du requérant sur cette demande, après que l'administration l'a convoqué. Il a prononcé l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et a mis à la charge de l'État une somme au titre des frais de l'instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Meiller, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative

1°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer en préfecture afin qu’il puisse déposer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler le temps de l’instruction de sa demande, dans un délai d’une semaine à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2026, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction et au rejet du surplus.

Il fait valoir que le requérant est convoqué à la préfecture de police le 6 mars 2026 à 10h10 en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour.


Par un mémoire, enregistré le 3 mars 2026, M. B... doit être regardé comme se désistant purement et simplement de ses conclusions aux fins d’injonction et comme maintenant ses conclusions relatives aux frais de l’instance.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Claux pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, (…) l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. » Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer l’admission provisoire de M. B... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.


Sur la demande de référé :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.

Le désistement de M. B... de ses conclusions à fin d’injonction est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.


Sur les frais liés au litige :

Sous réserve de l’admission définitive de M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et sous réserve que Me Meiller, avocate de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Meiller de la somme de 800 euros. Dans l’hypothèse où le bénéfice de l’aide juridictionnelle ne serait pas accordé à M. B..., cette somme lui sera versée.


O R D O N N E :


Article 1er : M. B... est admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B... de ses conclusions aux fins d’injonction.

Article 3 : L’Etat versera à Me Meiller une somme de 800 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de l’admission définitive de M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle et de la renonciation par Me Meiller à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au ministre de l’intérieur et à Me Meiller.

Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d’aide juridictionnelle.


Fait à Paris, le 10 mars 2026.


Le juge des référés,

Signé

JB. CLAUX

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







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