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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2605080

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2605080

lundi 2 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2605080
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJORION

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'une décision implicite de rejet d'une demande de documents administratifs (solde de tout compte, attestation de fin d'emploi). Le juge a jugé la requête irrecevable car le requérant n'avait pas préalablement saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), comme l'exige l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration. L'ordonnance s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative pour rejeter la demande sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Jorion, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de communication des documents de fin de contrat, notamment son solde de tout compte et son attestation de fin d’emploi ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 du code du travail, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, dans un délai de dix jours à compter de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l’urgence :
-la condition tenant à l’urgence est satisfaite dès lors qu’il ne perçoit aucune ressource ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision en litige méconnaît l’article R. 1234-9 du code du travail.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le dossier de la requête au fond enregistrée le 17 février 2026 sous le n° 2605079 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
M. Guiader a été désigné par la présidente du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l'article L. 522-1 dudit code, le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. L'article L. 522-3 du même code précise que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Aux termes de l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : « Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l’article L. 300-2 sont tenues de communiquer les documents administratifs qu’elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ». Aux termes de l’article L. 342-1 du même code : « La commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu’elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication d’un document administratif en application du 1er titre (…). La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l’exercice d’un recours contentieux ». Il résulte de ces dispositions que lorsqu’une demande de communication de documents administratifs a été rejetée par une décision explicite ou implicite de l’autorité administrative, ce refus ne peut être déféré directement au juge de l’excès de pouvoir. L’intéressé doit, à peine d’irrecevabilité de son recours contentieux, avoir au préalable saisi de ce refus la commission d’accès aux documents administratifs. En l’espèce, le requérant n’établit pas avoir saisi préalablement à l’enregistrement de sa requête devant le tribunal, la commission d’accès aux documents administratifs du refus de communication objet du présent litige dans les conditions prévues à l’article L. 342-1 précité.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête en référé de M. B... est irrecevable. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L.522-3 du code de justice administrative et de la rejeter.



O R D O N N E



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Paris, le 2 mars 2026.


Le juge des référés,


SIGNE


V. GUIADER


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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