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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2605093

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2605093

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2605093
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantDOOKHY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant sur un recours pour excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation d'une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) d'un an prononcée contre M. A... par le préfet de police. La juridiction a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, et a jugé que la mesure n'était pas disproportionnée au regard des circonstances, notamment le rejet de la demande d'asile. La décision s'appuie principalement sur les articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 13 février 2026, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis en application des dispositions de l’article R. 351-3 du code de justice administrative la requête, enregistrée le 29 décembre 2025, présentée par M. B... A....

M. A..., représenté par Me Dookhy, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 26 décembre 2025 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Il soutient que :
l’arrêté contesté est entaché d’incompétence ;
la décision en litige est entachée d’une insuffisance de motivation ;
elle est disproportionnée.


La requête a été communiquée au préfet de police qui n’a pas produit d’observations.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code des relations entre le public et l’administration ;
le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente du tribunal a désigné M. Béal, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

A été entendu au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Béal.


L’instruction a été close à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 26 décembre 2025, le préfet de police de Paris a prononcé à l’encontre de M. A... une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. Par le présent recours, M. A... demande l’annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.


Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ». Eu égard aux circonstances de l’espèce, il n'y a pas lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, par un arrêté n° 2025-01703 du 24 décembre 2025, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme C..., attachée d’administration de l’Etat, signataire de l’arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté attaqué doit être écarté.

En deuxième lieu, la décision contestée comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.


En troisième et dernier lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Aux termes de l’article L. 612-7 de ce code : « Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (...) ».

Le conseil de M. A... soutient le préfet a pris une mesure disproportionnée car il vit sur le territoire français depuis l’année 2022, mène en France une vie parfaitement paisible, ne présentant aucun antécédent judiciaire, n’ayant fait l’objet d’aucune condamnation ni de quelque procédure pénale que ce soit et est inconnu défavorablement des services de police, et encourt, en cas de renvoi, des risques d’exécution de représailles violentes, de persécutions familiales, de poursuites pénales abusives et d’absence totale de protection étatique. Toutefois, il n’est pas contesté d’une part que la demande d’asile présentée par M. A... a été rejetée et que les documents qu’il produit dans sa requête ne sont pas de nature, et en tout état de cause, à établir les risques invoqués. D’autre part, il n’est pas contesté que le requérant qui ne produit aucun justificatif sur sa présence sur le territoire depuis 2022, a fait l’objet d’une mesure d’éloignement prise le 17 mars 2025 et qu’il se maintient depuis lors sur le territoire français sans justifier d’aucune démarche en vue de faire régulariser sa situation administrative. Par suite, ce dernier moyen sera, lui aussi, écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 26 décembre 2025 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.



D E C I D E


Article 1er : M. A... n’est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2026


Le magistrat désigné,

Signé

A. Béal

La greffière,

Signé

O. Perazzone La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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