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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2605096

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2605096

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2605096
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET INTUITU SOCIETE D'AVOCATS (SARL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait une injonction au préfet de police pour obtenir un rendez-vous urgent afin de retirer un document de circulation pour son fils mineur avant un départ en vacances. Le juge a estimé que le requérant n'avait pas justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire une intervention dans les 48 heures pour sauvegarder une liberté fondamentale. La décision s'appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, qui régissent les conditions du référé-liberté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Dizier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de Paris de lui donner un rendez-vous pour retirer le document de circulation pour étranger mineur de son fils dans des délais compatibles avec son départ en congés ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il souhaite partir avec son épouse et son fils en Tunisie, le 20 février 2026, et en justifie par la production de ses billets d’avion ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie familiale normale.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sobry pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » et aux termes de l'article L. 522-1 : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, en vertu du premier alinéa de l’article R. 522‑1 du code, la requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit justifier de l’urgence de l’affaire.

2. L’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient de l’article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure destinée à la sauvegarde d’une liberté fondamentale.

3. À l’appui de sa requête, M. B... ne justifie d’aucune situation d’urgence qui rendrait nécessaire l’intervention, dans un délai de quarante-huit heures, d’une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

4. La présente ordonnance ne fait pas obstacle, s’il s’y croit fondé, à ce que M. B... saisisse le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521‑3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Paris, le 18 février 2026.


Le juge des référés,

Signé

F. SOBRY


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



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