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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2606058

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2606058

lundi 9 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2606058
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'injonction urgente adressée à France Travail pour l'instruction d'une demande de droit d'option vers le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle. **Juridiction** : Tribunal administratif de Paris (formation de référé). **Solution retenue** : Rejet de la requête pour incompétence de la juridiction administrative. **Textes appliqués** : Articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, établissant que les litiges relatifs aux prestations d'assurance chômage relèvent de la juridiction judiciaire, et article L. 522-3 du code de justice administrative permettant le rejet pour incompétence manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2026, Mme C... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner à France Travail Ile-de-France d’instruire sa demande de droit d’option vers le régime d’indemnisation des intermittents du spectacle et de lui en notifier une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de France Travail les dépens de l’instance.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

Sur l’urgence :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée la prive du bénéfice du régime d’indemnisation auquel elle aurait droit, la maintient dans un régime d’indemnisation nettement moins favorable et la place dans une situation de précarité financière ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. » Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (…) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « I.- L'opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : (…) / 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage ou de l’Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ».

Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations servies au titre du régime d’assurance chômage, dont le service, antérieurement assuré par l’association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Assedic), est désormais confié à l’opérateur France Travail, relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire. Dès lors, les conclusions de Mme B... tendant à enjoindre à France Travail de lui accorder le droit d’option pour bénéficier du régime de l’intermittence du spectacle, ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative et doivent être rejetées, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.



















O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B....




Fait à Paris, le 9 mars 2026.


Le juge des référés,




V. A...


La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







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