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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2606062

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2606062

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2606062
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDESOUCHES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a été saisi d'une demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et d'injonctions concernant une demande de titre de séjour. La juridiction a admis la requérante à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et a donné acte de son désistement concernant les conclusions en injonction, rendant celles-ci sans objet. Elle a également mis à la charge de l'État une somme au titre des frais d'instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2026, Mme C... A..., représentée par Me Desouches, doit être regardée comme demandant à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de la convoquer à un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer sans délai à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir un récépissé de demande de carte de séjour, sous la même astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistrés le 5 mars 2026, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais de l’instance.

Il fait valoir que Mme A... a été invitée à se présenter au sein des services de la préfecture de police le 18 mars 2026, en vue de la délivrance d’un récépissé de demande de carte de séjour et du dépôt des documents pour le réexamen de son dossier.


Par un mémoire, enregistré le 6 mars 2026, Mme A... se désiste de ses conclusions aux fins d’injonction, mais maintient celles tendant à son admission provisoire à l’aide juridictionnelle et celles présentées au titre des frais d’instance.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu, en raison de l’urgence qui s’attache au règlement du présent litige, d’admettre Mme A..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.

Le désistement de Mme A... de ses conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il soit donné acte de ce désistement.

Il résulte du point 1 que Mme A... est provisoirement admise à l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Desouches, avocate de Mme A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de sa cliente à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Desouches de la somme de 800 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Me Desouches par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.





O R D O N N E :


Article 1er : Mme A... est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme A....

Article 3 : Sous réserve de l’admission définitive de Mme A... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Desouches renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier versera à Me Desouches, avocate de Mme A..., une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A..., la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Desouches.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 12 mars 2026.


La juge des référés,

Signé

M. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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