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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2606590

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2606590

mercredi 4 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2606590
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait l'injonction au ministre de l'intérieur de lui délivrer un document d'identité neutre. Le juge a considéré que la demande était manifestement irrecevable, car la délivrance de tels documents pour les ressortissants étrangers ne relève pas des attributions du ministre de l'intérieur. La décision s'appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, le juge estimant que le requérant n'établissait ni l'urgence ni le fondement légal de sa demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, au ministre de l’intérieur de lui délivrer un document « neutre attestant de son identité », dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui allouer une provision de 300 euros à valoir sur l’indemnisation définitive des préjudices subis.

Il soutient que :
- la décision porte gravement atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de manifester ;
- Il y a urgence dès lors qu’il souhaite manifester le 6 mai 2026 à 11h45.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Le Roux pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L'article L. 522-3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du code précité : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

M. A... B... doit être regardé comme soutenant qu’il y a urgence à enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un document d’identité pour lui permettre de le présenter aux services de la préfecture de police de Paris à l’appui de sa demande d’autorisation de manifester. Toutefois, il n’appartient pas au ministre de l’intérieur de délivrer des documents justifiant de l’identité d’un ressortissant étranger résidant sur le territoire français. Dans ces conditions, M. B... n’établit pas l’existence d’une urgence à statuer sur sa demande dans un délai de 48 heures qui est, en tout état de cause, manifestement irrecevable.

Il résulte de tout ce qui précède que sa requête doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Paris, le 4 mars 2026.

Le juge des référés,

Signé

M.-O. LE ROUX

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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