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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2606905

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2606905

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2606905
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUDJELLAL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande d'un ressortissant algérien visant à enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous pour une demande de titre de séjour et un récépissé de travail. Le juge a estimé que le requérant, présent en France depuis 2016 mais n'ayant entamé des démarches de régularisation qu'en 2024, ne justifiait pas de l'urgence requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Aucune circonstance personnelle particulière ne permettait de caractériser une situation nécessitant un examen prioritaire par rapport à d'autres étrangers dans la même situation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Boudjellal demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une date de rendez-vous pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour, et dans l’attente, de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai d’une semaine à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guiader pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

Il résulte de l’instruction que M. B..., ressortissant algérien né le 5 juin 1985, a entrepris des démarches depuis le mois de novembre 2024 afin de solliciter son admission exceptionnelle au séjour. Il fait état de ce que, depuis cette date et en dépit de plusieurs relances, il est dans l’attente d’une convocation en préfecture. Toutefois, M. B..., qui indique être présent en France depuis l’année 2016, n’a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation qu’en 2024 et s’est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période. A l’exception de ses démarches infructueuses et de la précarité de sa situation administrative, M. B... ne fait état d’aucune autre circonstance pour justifier l’urgence à obtenir une mesure du juge des référés. Dans ces conditions, il ne justifie d’aucune circonstance particulière au regard notamment de la durée et des conditions de son séjour en France, de sa situation personnelle et familiale ou de la date à laquelle il a entrepris des démarches pour régulariser sa situation, impliquant que sa demande d’admission exceptionnelle au séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d’urgence à laquelle les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 18 mars 2026.

Le juge des référés,

Signé

V. GUIADER

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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