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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2607512

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2607512

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2607512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNIGHAIRBHIA GARVEY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la demande de suspension en référé d'un refus implicite de renouvellement de certificat de résidence. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas établie et qu'aucun doute sérieux sur la légalité de la décision n'est soulevé, le requérant n'ayant pas produit l'autorisation de travail requise pour compléter son dossier. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 414-12 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Nighairbhia Garvey, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son certificat de résidence, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer provisoirement un titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite ;
- en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est dépourvue de motivation ;

- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;

- elle est entachée d’une erreur de droit, ayant été prise en méconnaissance des stipulations de l’accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 19 mars 2026 le préfet de police conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition de l’urgence n’est pas remplie, le requérant n’ayant pas déposé un dossier complet, et qu’aucun des moyens invoqués n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de sa décision.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2605225 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Mme Giraudon, présidente honoraire, a été désignée par la présidente du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.

Au cours de l’audience publique du 23 mars 2026, tenue en présence de Mme Louart, greffière, Mme Giraudon a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Nighairbhia Garvey, représentant M. B... qui a repris et développé les termes de la requête.

Par une ordonnance du 23 mars 2023, la clôture de l’instruction a été reportée au 24 mars 2026 à 11 heures.

Des pièces complémentaires enregistrées et communiquées le 23 mars 2026 ont été produites par M. B....



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

2. Aux termes de l’article L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La délivrance des cartes de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " et " travailleur saisonnier ", respectivement prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 et L. 421-34, est subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail prévue aux articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Cette autorisation est délivrée dans les conditions prévues par le code du travail ». Aux termes de l’article R. 431-11 du même code : « L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ». Aux termes de l’annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s’agissant des titres de séjour pour motif professionnel, « (…) 4. Pièces à fournir au renouvellement : 4.1. Si vous occupez toujours l'emploi qui a justifié la délivrance de la dernière autorisation de travail : -autorisation de travail correspondant au poste occupé (formulaire CERFA n° 15187*01) ou autorisation de travail dématérialisée (…) ; ». Il résulte de ces dispositions, qui sont applicables également aux ressortissants algériens, d’une part, que pour solliciter le renouvellement d’un titre de séjour professionnel, la demande doit être accompagnée notamment d’une autorisation de travail et, d’autre part, que le refus d’enregistrer une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, lorsque l’absence d’une pièce mentionnée à l’annexe 10 à ce code, auquel renvoie l’article R. 431-11 du même code, rend impossible l’instruction de la demande.

3. Il ressort des pièces du dossier que les services de la préfecture de police ont demandé à plusieurs reprises à M. B... de compléter son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour par la production d’une autorisation de travail, en dernier lieu par un courriel du 8 octobre 2025 qui l’informait qu’à défaut de produire cette autorisation sa demande serait classée sans suite. M. B... ne conteste pas que sa demande de renouvellement de titre de séjour ne comportait pas le document demandé par la préfecture. Dans ces conditions, faute de dossier complet, le refus d’enregistrer la demande de M. B... ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de M. B... tendant à la suspension de l’exécution d’un refus implicite de délivrance de titre de séjour qui aurait été opposé sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées. Il en va de même de ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte et de ses conclusions relatives aux frais de l’instance.


O R D O N N E


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 2 avril 2026.


La juge des référés,





M.-C. GIRAUDON



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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