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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2607956

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2607956

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2607956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantVI VAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. D... visant à annuler son maintien en rétention administrative. Le juge estime que l'arrêté préfectoral était régulier, suffisamment motivé et ne révélait ni incompétence, ni défaut d'examen de la situation personnelle, ni erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie notamment sur les articles L. 754-2 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que la demande d'asile tardive du requérant avait pour seul but de faire échec à son éloignement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2026, M. A... D... demande au tribunal d’annuler l’arrêté en date du 12 mars 2026 par lequel le préfet de police l’a maintenu en rétention administrative.

M. D... soutient que :
- l’arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet de police a produit des pièces, enregistrées le 17 mars 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés,
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marik-Descoings,
- les observations de Me Vi Van, avocat commis d’office, représentant M. D..., assisté de M. C..., interprète en langue arabe,
- le préfet n’étant ni présent ni représenté.


Considérant ce qui suit :

1. M. D..., ressortissant marocain né le 13 décembre 1994 demande l’annulation de l’arrêté en date du 12 mars 2026 par lequel le préfet de police l’a maintenu en rétention administrative.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2026-00083 du 19 janvier 2026, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. B... E..., attaché d’administration de l’Etat, signataire de l’arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait en application desquels elle a été prise et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles elle est fondée. Si cette décision ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de M. D..., elle lui permet de comprendre les motifs du maintien en rétention qui lui est imposé. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n’aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant. Ce moyen doit donc être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. » et aux termes de l’article L. 754-3 du même code : « Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. (…) ».

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D... a déclaré, lors de son audition par les services de police le 5 mars 2026, être entré en France il y a sept ans pour travailler et ne jamais avoir sollicité la délivrance d’un titre de séjour. Eu égard à ces éléments, le préfet de police a pu, sans erreur d’appréciation, estimer que sa demande d’asile de M. D..., introduite le 12 mars 2026 soit après son placement en rétention le 6 mars 2026, était présentée dans le seul but de faire échec à l’exécution de la mesure d’éloignement. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D... doivent être rejetées.


D E C I D E


Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... D... et au préfet de police.



Décision rendue le 19 mars 2026.


La magistrate désignée,
Signé
N. MARIK-DESCOINGS
La greffière,
Signé
L. POULAIN


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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