jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2000475 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | DELSOL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2020, et un mémoire complémentaire enregistré le 7 novembre 2022, ce dernier non communiqué, la société ISS Propreté, représentée par la SELARL Delsol et Avocats, demande au tribunal :
- d'annuler la décision du 13 décembre 2019 par laquelle la ministre du travail a confirmé la décision de l'inspecteur du travail en date du 12 juin 2019 refusant de lui accorder l'autorisation de licencier Mme A pour motif économique;
- d'annuler la décision du 12 juin 2019 par laquelle l'inspecteur du travail a refusé de lui accorder l'autorisation de licencier Mme A pour motif économique.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont censuré la régularité de la procédure de convocation du comité d'établissement sur le fondement d'une condition qui n'est pas exigée par les textes, en l'occurrence l'absence de justification de la réception des convocations à la réunion du comité d'établissement du 9 avril 2019 par l'ensemble de ses membres, titulaires et suppléants ;
- aucun des membres titulaires ou suppléants du comité n'a soulevé de difficulté quant à la régularité formelle de la procédure d'information ;
- la preuve de l'envoi des convocations à l'ensemble des élus est établie ;
- la ministre du travail a valablement retenu que les difficultés économiques alléguées étaient établies et que la nécessité d'une réorganisation en vue de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise était avérée
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Leduc, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 octobre 2018, la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (DIRECCTE) de Normandie a homologué le projet de licenciement économique lié à la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi élaboré par la société ISS Propreté, impliquant la suppression de cent cinquante-quatre postes, parmi lesquels celui de Mme B A, employée à l'agence de Bois-Guillaume. Le 11 avril 2019, la société requérante a sollicité l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle 76-2 en vue d'obtenir l'autorisation de licencier Mme A pour motif économique. Par une décision du 12 juin 2019, cette demande a été rejetée, refus confirmé par l'acte attaqué de la ministre du Travail en date 13 décembre 2019.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Lorsqu'une institution représentative du personnel doit être consultée préalablement à la demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, lequel bénéficie d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'il représente, il appartient à l'employeur de mettre cette instance à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause. A cette fin, il doit lui transmettre, notamment à l'occasion de la communication aux membres de l'institution de l'ordre du jour de la réunion en cause, des informations précises et écrites sur l'identité du salarié, sur l'intégralité des mandats détenus par ce dernier ainsi que sur les motifs du licenciement envisagé et sur l'ensemble des éléments dont l'instance doit obligatoirement être saisie. Il appartient à l'administration d'apprécier si l'avis de l'institution représentative du personnel a été régulièrement émis, et notamment si elle a disposé des informations lui permettant de se prononcer en toute connaissance de cause. A défaut, elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée.
3. Aux termes de l'article 9 de l'ordonnance n°2017-1386 du 22 septembre 2017. " I- Les dispositions de la présente ordonnance, autres que celles mentionnées à l'article 8, entrent en vigueur à la date d'entrée en vigueur des décrets pris pour leur application, et au plus tard le 1er janvier 2018, sous réserve des dispositions prévues par le présent article. () V. - Lorsqu'il est fait application des dispositions prévues au I du présent article, ainsi que pendant la durée des mandats en cours, les dispositions des titres Ier et II du livre III de la deuxième partie du code du travail relatives aux délégués du personnel et au comité d'entreprise, les dispositions du titre VIII du livre III de la même partie du code du travail sur le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les dispositions du titre IX du livre III de la même partie du code du travail sur le regroupement par accord des institutions représentatives du personnel, les dispositions du titre X du livre III de la même partie du code du travail sur les réunion communes des institutions représentatives du personnel ainsi que les dispositions du titre Ier du livre VI de la quatrième partie, relatives au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail demeurent applicables dans leur rédaction antérieure à la date de publication de la présente ordonnance. Pour l'application des dispositions du code du travail autres que celles citées au premier alinéa du présent VI, modifiées par les ordonnances prises en application de la loi n° 2017-1340 du 15 septembre 2017 susvisée, jusqu'au 31 décembre 2019, il convient de lire selon les cas " comité social et économique " ou " comité d'entreprise " ou " comité d'entreprise, ou à défaut, des délégués du personnel " ou " comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail " () ". Aux termes de l'article L. 2324-1 du code du travail en vigueur à la date de publication de l'ordonnance précitée n°2017-1386 : " Le comité d'entreprise comprend l'employeur et une délégation du personnel comportant un nombre de membres déterminé par décret en Conseil d'Etat compte tenu du nombre des salariés. La délégation du personnel comporte un nombre égal de titulaires et de suppléants. Les suppléants assistent aux séances du comité avec voix consultative () ".
4. Si la société requérante verse au dossier la copie des neuf documents postaux, en l'occurrence des recommandés avec accusés de réception dont les noms, prénoms et adresses des destinataires ainsi que les dates, sont illisibles, documents supposés avoir été adressés à l'intégralité des membres dudit comité devant participer à la réunion du 9 avril 2019, seuls trois représentants du personnel (deux membres titulaires et un membre suppléant) y étaient effectivement présents, une membre titulaire ayant par ailleurs voté par procuration grâce au membre suppléant présent. Il ressort des pièces du dossier que, sur la feuille de présence relative à la réunion, où ne figurent que trois signatures, ainsi que sur le procès-verbal de cette réunion, aucune mention n'a été portée qui aurait fait état de ce qu'en dépit de l'expédition régulière des convocations aux membres concernés, certains étaient absents. La seule remarque portée sur le procès-verbal concerne la salariée licenciée, précisant que " Malgré la convocation pendant ses heures de sortie autorisée, Mme A n'est pas présente à la réunion () ". Dès lors que quatre autres membres du comité d'entreprise, représentants du personnel, étaient absents lors de sa réunion du 9 avril 2019, membres titulaires et suppléants dont il n'est pas établi qu'ils auraient été régulièrement convoqués, l'inspectrice du travail saisie était tenue, pour ce seul motif, de refuser l'autorisation de licenciement sollicitée par la société ISS Propreté. Contrairement à ce que soutient la société requérante, les membres suppléants devaient effectivement être convoqués, et la circonstance alléguée qu'aucun des membres présents n'aurait " soulevé de difficulté quant à la régularité formelle de la procédure d'information et de consultation " est en tout état de cause sans effet sur la légalité des décisions contestées.
5. Dans la mesure où les autres moyens soulevés par la société ISS Propreté, aux droits de laquelle est venue la société ISS Facility Services, portent sur des points relatifs à la situation de l'entreprise qui n'étaient pas contestés par l'administration, il convient de rejeter, pour ce seul motif, sa requête en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société ISS Propreté est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société ISS Facility Services, à Mme B A, et au ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Leduc, premier conseiller,
M. Bouvet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
C. LEDUC
La présidente,
A. GAILLARD Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026