lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2000969 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mars et 22 mai 2020, Mme B A, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 février 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande d'admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'examiner sa demande de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le préfet, qui n'a demandé aucune pièce complémentaire, a méconnu l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il ne peut lui être reproché de ne pas avoir accompagné son dossier d'un timbre fiscal dès lors que les services de la préfecture exigent expressément que les demandeurs apportent ce document uniquement au jour du rendez-vous prévu pour la remise du récépissé du dépôt de la demande et ne le joignent pas à l'envoi postal de celle-ci ; en rejetant sa demande pour ce motif, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2020, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'acte attaqué ne constitue pas une décision mais une simple lettre informant la requérante de l'irrecevabilité de sa demande et l'invitant à déposer une nouvelle demande présentant un caractère complet ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 juin 2020.
Par un courrier du 13 septembre 2021, Mme A a été invitée, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément le maintien de ses conclusions, dans le délai d'un mois.
Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2021, Mme A a déclaré maintenir les conclusions de sa requête.
Vu :
- le jugement n° 2001073 du tribunal administratif de Rouen du 29 octobre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ; 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présentent à juger en droit, pour la juridiction saisie, des questions identiques à celles qu'elle a déjà tranchées ensemble par une même décision devenue irrévocable, à celles tranchées ensemble par une même décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux ou examinées ensemble par un même avis rendu par le Conseil d'Etat en application de l'article L. 113-1 et, pour le tribunal administratif, à celles tranchées ensemble par un même arrêt devenu irrévocable de la cour administrative d'appel dont il relève ; () ".
2. La requête de Mme A, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présente à juger en droit des questions identiques à celles déjà tranchées par le jugement
n° 2001073 du tribunal administratif de Rouen du 29 octobre 2021, devenu définitif. Il peut, par suite, être statué par ordonnance sur la requête de Mme A en application des dispositions précitées du 6° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet :
3. Le préfet de la Seine-Maritime, qui fait valoir qu'aucune décision n'a été prise à la suite de la demande de titre de séjour présentée par Mme A, doit être regardé comme opposant une fin de non-recevoir tiré de l'absence d'existence d'un acte administratif susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux. Toutefois, contrairement à ce que fait valoir le préfet de la Seine-Maritime, le courrier contesté du 13 février 2020 ne saurait être regardé comme une invitation à régulariser la demande présentée par Mme A mais constitue une décision de rejet de celle-ci. Dans ces conditions, le courrier attaqué, qui fait grief à la requérante, est un acte susceptible d'être déféré au juge de l'excès de pouvoir. La fin de non-recevoir doit, dès lors, être écartée.
Sur le refus d'examen de la demande d'admission au séjour :
4. Aux termes de l'article L. 311-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " () / D.- 1. Sans préjudice des dispositions de l'article L. 313-2, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 340 €, dont 50 €, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () ".
5. Par la décision attaquée, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner la demande d'admission au séjour de Mme A au motif qu'elle était " irrecevable " dès lors qu'elle n'était pas accompagnée d'un timbre fiscal de 50 euros. Or, il résulte des dispositions précitées que le préfet ne pouvait légalement rejeter la demande en raison de son incomplétude sans avoir invité préalablement Mme A à la régulariser par la production de la pièce manquante. Dès lors qu'aucune invitation à compléter son dossier n'a été adressée à Mme A, la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du
13 février 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, s'il n'y a pas déjà procédé, d'examiner la demande d'admission au séjour de Mme A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme que Me Bidault réclame au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La décision du 13 février 2020 du préfet de la Seine-Maritime est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime, s'il n'y a pas déjà procédé, d'examiner la demande d'admission au séjour de Mme A, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Les conclusions de Me Bidault sont rejetées.
Article 4: La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 11 juillet 2022.
La présidente de la 4ème chambre
A. MACAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026