jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2001248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2020, Mme D A, représentée par Me Inquimbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2019 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est signée par une autorité incompétente ;
- est entachée d'un défaut d'examen ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnait les article L. 313-11-7 et L. 313-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2020, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
Vu :
- la décision du 24 février 2020 admettant Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Vercoustre, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A est une ressortissante sénégalaise née le 10 janvier 1955 et entrée en France le 2 mars 2015, munie d'un visa de court séjour. Son époux, M. E C, de nationalité française, est décédé le 29 juin 2010, et quatre de leurs cinq enfants sont de nationalité française. Le 13 avril 2017, le préfet de la Seine-Maritime, après avoir rejeté le 13 avril 2016 sa demande de titre de séjour présentée le 1er février 2016, a pris à son encontre une mesure d'éloignement, décision contre laquelle elle a saisi le ministre de l'intérieur d'un recours hiérarchique, qu'il a rejeté. Le 10 octobre 2018, elle a de nouveau sollicité un titre de séjour, sur le fondement de la vie privée et familiale, et, à titre subsidiaire, en qualité de " visiteur ". Par la décision attaquée du 11 octobre 2019, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de le lui accorder.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France à l'âge de soixante ans, près de cinq ans après le décès de son époux français. Elle dispose en France de la présence de quatre de ses enfants, de nationalité française, deux résidant au Havre, un dans le Haut-Rhin et un en Seine-et-Marne. Le cinquième enfant, né le 22 janvier 1995, réside au Sénégal. Elle a initialement sollicité l'administration le 1er février 2016, laquelle lui a indiqué le 13 avril 2016 qu'elle ne pourrait bénéficier de la pension de réversion de son époux défunt à laquelle elle avait droit qu'à condition de présenter une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Cette première démarche a fait l'objet du refus mentionné au point 1 du présent jugement. Eu égard, néanmoins, à la situation personnelle de Mme A en France depuis 2015, laquelle est privée de la pension de réversion à laquelle elle a droit, la décision du préfet de la Seine-Maritime en date du 11 octobre 2019, qui se borne à rappeler le précédent rejet de sa demande et la mesure d'éloignement dont elle a fait l'objet, doit être regardée, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'acte contesté doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
3. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime réexamine la situation de Mme A dans le délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, et lui délivre une autorisation provisoire de séjour pour la durée de ce réexamen sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
4. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Inquimbert renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à l'attention de Me Inquimbert de la somme de 900 euros.
D É C I D E :
Article 1 : La décision du 11 octobre 2019 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la situation de Mme A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pour la durée de ce réexamen.
Article 3 : L'État versera à la Selarl Mary et Inquimbert la somme de 900 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette Selarl renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
M. Cyrille Leduc, premier conseiller,
M. Colin Bouvet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le rapporteur
Signé
C. B
La présidente
Signé
A. GAILLARD
Le greffier
Signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026