jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2001987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2020, M. F E, représenté par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2020 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé en cellule individuelle à titre préventif ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à titre subsidiaire, en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros à verser au requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision litigieuse :
- méconnait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- a été prise par une autorité incompétente;
- est disproportionnée, dès lors qu'il n'est pas établi que la mise en prévention disciplinaire ait été l'unique moyen de préserver l'ordre interne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 mars 2020, le directeur de la maison d'arrêt de Rouen a placé M. E en cellule individuelle à titre préventif durant deux jours. M. E demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse mentionnait, sous le tampon peu lisible, le nom et la qualité du signataire de la décision, M. B C, major, de sorte qu'il était facilement identifiable par le destinataire de la décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article précité doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-5 du code de procédure pénale, applicable à la date de la décision attaquée : " Pour l'exercice de ses compétences en matière disciplinaire, le chef d'établissement peut déléguer sa signature à son adjoint, à un fonctionnaire appartenant à un corps de catégorie A ou à un membre du corps de commandement du personnel de surveillance placé sous son autorité. / Pour les décisions de confinement en cellule individuelle ordinaire, de placement en cellule disciplinaire et de suspension de l'exercice de l'activité professionnelle de la personne détenue, lorsqu'elles sont prises à titre préventif, le chef d'établissement peut en outre déléguer sa signature à un major pénitentiaire ou à un premier surveillant ".
5. Contrairement à ce qu'affirme le requérant, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 25 juin 2019, M. B C, major pénitentiaire, bénéficiait d'une délégation pour signer au nom du directeur de l'établissement, les décisions administratives individuelles de " placement en cellule ordinaire ou en cellule disciplinaire à titre préventif pour des faits qui constituent une faute disciplinaire du premier ou du deuxième degré ". Cette décision, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs le 12 juillet 2019, a fait l'objet d'une publication suffisante pour lui conférer une date certaine et la rendre opposable aux tiers. De plus, l'absence dans les visas de la décision attaquée, de la mention de cette délégation de signature est sans incidence sur sa régularité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. Enfin, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue, si les faits constituent une faute du premier ou du deuxième degré et si la mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement ". Aux termes de l'article R. 57-7-18 du même code : " La durée du confinement en cellule individuelle ordinaire ou du placement en cellule disciplinaire, prononcés à titre préventif, est limitée au strict nécessaire et ne peut excéder deux jours ouvrables. () ". Aux termes de l'article R. 57-7-1 du même code, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : /3°D'opposer une résistance violente aux injonctions des personnels ; / 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; ". Aux termes de l'article R. 57-7-2 du même code, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : /1° De refuser de se soumettre à une mesure de sécurité définie par une disposition législative ou réglementaire, par le règlement intérieur de l'établissement pénitentiaire ou par toute autre instruction de service ou refuser d'obtempérer immédiatement aux injonctions du personnel de l'établissement ; ".
7. Une telle mesure de placement en cellule individuelle à titre préventif constitue une mesure qui ne peut intervenir, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que dans l'hypothèse où elle est strictement nécessaire afin d'assurer la sécurité de l'établissement pénitentiaire ou des personnes.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. E a, depuis le début de son incarcération, un comportement violent et provocateur à l'égard du personnel pénitentiaire. Le compte-rendu d'incident du 24 mars 2020, mentionne que lors de l'appel effectué à la cellule occupée par M. E, le surveillant est entré pour retirer un étendoir à linge empêchant la visibilité. Il est précisé que M. E a alors sauté de son lit et proféré des insultes à l'égard de ce surveillant, en l'empêchant de passer, se mettant devant la porte et tirant celle-ci vers lui. D'autres agents sont intervenus et ces derniers ont tenté de maitriser M. E en le plaçant sous la douche, tandis que celui-ci continuait de proférer des insultes à leur égard.
9. Au vu de ce compte-rendu d'incident, les faits commis par M. E le 24 mars 2020 constituent des fautes du premier et du deuxième degré telles que prévues par les articles précités. Au regard du comportement véhément de M. E, et alors que celui-ci a persisté dans ce comportement malgré l'intervention d'autres agents et un placement sous la douche, l'administration justifie que la mesure de placement à l'isolement à titre préventif constituait l'unique moyen de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 mars 2020 par laquelle le directeur de l'établissement a décidé de le placer en cellule individuelle à titre préventif. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme G et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La présidente rapporteure,
P. D
L'assesseure la plus ancienne,
D. G La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026