jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2002388 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BOURLION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 3 juillet 2020, 20 juillet 2020 et 5 novembre 2021, la société Grand garage de Chantereine, représentée par Me Bourlion, demande au tribunal :
- d'annuler la décision du 5 mai 2020 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de l'Eure de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Normandie a refusé de donner une suite favorable à sa demande de licenciement pour motif disciplinaire visant M. B D ;
- d'enjoindre à l'inspection du travail de procéder à l'autorisation de licenciement de M . D pour faute grave ;
- de mettre à la charge de l'État la somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est dépourvue de toute motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle considère que la matérialité des faits relatifs aux gratifications personnelles perçues par M. D n'est pas établie, que son manque de loyauté n'est pas prouvé, que la réputation de la société n'a pas été entachée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que M. D, contrairement à ce qu'indique l'inspectrice du travail, a déjà fait l'objet de mesures disciplinaires, préalablement à la demande de licenciement en litige ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2020, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Normandie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, recruté par la société requérante le 19 novembre 1989, exerçait les fonctions de vendeur automobile pour le compte de l'établissement Auto Normandie établi à Vernon. Il disposait d'un mandat de délégué du personnel jusqu'au 31 décembre 2019, puis s'est présenté en tant que candidat à l'élection des membres du conseil social et économique des 25 février 2020 et 11 mars 2020. Le 20 mars 2020, la société requérante a sollicité l'inspection du travail en vue d'obtenir l'autorisation de licencier M. D pour faute grave. Par l'acte attaqué du 5 mai 2020, l'inspectrice du travail de l'unité départementale de l'Eure de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Normandie a rejeté cette demande. La société requérante a néanmoins procédé au licenciement pour faute grave de M. D le 7 août 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
3. En premier lieu, la société requérante soutient que l'acte attaqué est entaché d'un défaut de motivation qui ne lui permet pas de saisir la raison pour laquelle la gravité du comportement de M. D n'a pas été retenue par l'administration. Néanmoins, la décision du 5 mai 2020 comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Elle fait clairement état, en particulier, des faits reprochés à M. D, de l'absence de caractère probant de l'attestation sur l'honneur de M. C datée du 10 février 2020, le seul marchand professionnel sur les allégations duquel la société requérante a présenté sa demande de licenciement pour faute à l'inspection du travail, souligne que la réalité des faits reprochés à M. D, dans sa relation avec M. C, n'est pas établie, et enfin, que les faits qui lui sont reprochés dans sa relation commerciale avec une cliente, constitutifs d'une faute, ne sont cependant pas d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement. Par suite, le moyen tiré d'une motivation insuffisante de la décision contestée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la société requérante soutient que l'acte attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors, d'abord, que la réalité des gratifications personnelles exigées par M. D dans le cadre de ses ventes d'automobiles auprès de négociants et de clients, dont le caractère fautif est manifeste, ne peut être contestée eu égard aux attestations versées au dossier. Elle soutient ensuite que le défaut de loyauté de M. D, est, contrairement à ce fait valoir l'inspectrice du travail, fautif, et, enfin, que le comportement de celui-ci n'était pas dépourvu d'incidences financières sur la société.
5. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient la société requérante, l'attestation précitée de M. C, partenaire commercial de cette dernière, est dépourvue de caractère probant, en ce qu'il se borne à formuler des allégations relatives au comportement supposé du salarié licencié sans produire de commencement de preuve, alors même qu'il indique, par exemple, que " Plusieurs témoins ont assisté " à son " accrochage verbal avec lui dans le hall de la concession " en ce qui concerne la vente d'un véhicule automobile. Par ailleurs, et ainsi que le fait valoir l'administration en défense, il n'est nullement établi que l'inspectrice du travail signataire de l'acte attaqué aurait disposé des témoignages d'un autre négociant automobile et d'un client cités par la société a posteriori. En ce qui concerne la vente du véhicule d'une cliente, réalisée non au bénéfice de la société requérante mais pour le compte personnel de M. D, l'inspectrice du travail a retenu le caractère fautif du comportement de ce dernier sans toutefois en retenir le caractère suffisamment grave et de nature à justifier un licenciement, eu égard au caractère très limité de la perte financière pour l'entreprise, en l'occurrence 600 euros, et à la circonstance qu'aucune atteinte n'avait été portée à l'image de la société. A cet égard, contrairement à ce que soutient la société requérante, les clientes dont les ventes de véhicules ont eu lieu les 24 avril 2018 et 3 octobre 2018 ne se sont en aucun cas plaintes du comportement de M. D, ces faits allégués par la société requérante n'étant nullement mentionnés dans le compte-rendu d'infraction complémentaire daté du 17 juillet 2020 rédigé par le commissariat de Mantes-la-Jolie. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté. Il convient à cet égard de relever que, parmi les attestations de partenaires commerciaux ou clients dont se prévaut la société Grand garage de Chantereine, seule l'attestation de M. C avait été communiquée à l'inspection du travail.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1332-5 du code du travail : " Aucune sanction antérieure de plus de trois ans à l'engagement des poursuites disciplinaires ne peut être invoquée à l'appui d'une nouvelle sanction ". Si la requérante soutient que l'acte attaqué est entaché d'une erreur de fait, en raison de l'absence de prise en considération des trois avertissements datés des 30 septembre 2013, 13 décembre 2013 et 24 octobre 2014, ces données ne pouvaient, en tout état de cause, être retenues par l'inspectrice du travail pour fonder sa décision. Par suite, alors en outre que des commentaires émanant de clients ne sauraient être assimilés à des sanctions disciplinaires prononcées par l'employeur, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Grand garage de Chantereine doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Grand garage de Chantereine est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Grand garage de Chantereine et au ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
M. Cyrille Leduc, premier conseiller,
M. Colin Bouvet, premier conseiller.
Assistés de M. Henry Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
C. A
La présidente,
Signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026